Jeune Afrique – « On ne parle même pas d’élections d’abord […] il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a déclaré le capitaine Ibrahim Traoré jeudi lors d’un entretien diffusé sur la radiotélévision du Burkina (RTB, média d’État).
« Nous ne sommes pas dans une démocratie », avait-il déjà assumé l’année dernière. La transition politique devait s’achever en juillet 2024 par des élections. Mais la junte a adopté une « Charte de la révolution » qui lui permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024, et autorise le capitaine Traoré à se présenter aux « élections présidentielle, législatives et municipales », prévues en principe au terme de ces cinq années.
Damiba « est entre les mains de la justice »
Ibrahim Traoré a été interviewé pendant plus de deux heures par des journalistes de médias burkinabè et étrangers, dont la télévision publique italienne Rai et la chaîne britannique privée Sky News ‒ fait rare. Depuis son arrivée au pouvoir, son régime hostile aux pays occidentaux et surtout à la France a interdit ou suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux, dont Jeune Afrique, et expulsé certains de leurs journalistes.
Jeudi, Ibrahim Traoré a brièvement évoqué le cas de son prédécesseur, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par le putsch de janvier 2022. Ce dernier est accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch et est notamment poursuivi pour corruption. Il a récemment été extradé à Ouagadougou par le Togo, à la demande du Burkina Faso.
« Un juge l’a déjà vu […] il est entre les mains de la justice », a dit IbrahimTraoré, au pouvoir depuis son putsch de septembre 2022.
« Pas de preuves » des exactions des VDP
Le chef de la junte a également indiqué que la Russie, son allié, fournissait des équipements pour lutter contre les jihadistes mais que « personne ne forme l’armée burkinabè », et « sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent ».
L’armée burkinabè et ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), sont accusés par des ONG de tuer eux aussi des civils, ce qu’a nié Ibrahim Traoré jeudi, affirmant qu’« il n’y a pas de preuves ».
(Avec AFP)
Source : Jeune Afrique
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com
