Hip-hop sans haine : le live TikTok qui a uni le Sénégal et la Mauritanie

700 spectateurs. Une session TikTok organisée par Samy. Des artistes, des chroniqueurs, des échanges francs. Et une conviction qui a traversé le live : le rap peut être un pont, pas une arme.

Pendant plus d’une heure, la scène hip-hop des deux rives du fleuve Sénégal a parlé d’une seule voix. Pas pour polariser. Pour se retrouver.

Le dialogue avant tout

La rencontre n’était pas un simple showcase. Elle a rappelé les liens historiques, humains et culturels qui unissent Sénégalais et Mauritaniens. Face aux tensions et aux discours qui divisent, les participants ont posé la question qui fâche : quelle est la responsabilité des artistes ?

Sa Majesté Hamed Alpha a lancé des piques. BB MC a répondu sans détour. Les échanges ont enflammé les commentaires. Mais derrière les punchlines, une même exigence : sortir des zones de confort et assumer un rôle plus large que celui de simple performeur.

Professionnaliser ou mourir

Mar Ba, le groupe Dia Min Teky et Dougou Dèmé ont recentré le débat sur le vrai sujet : la rentabilité, la structuration et la professionnalisation du rap. Formation, rémunération, accès aux scènes, conditions de travail… Le métier ne peut plus se contenter de talent brut.

Dougou Dèmé a interpellé directement les organisateurs de festivals (Monza, Soldier) : donnez une place réelle aux rappeurs PULAAR du Sénégal . L’unité culturelle n’existe pas sans représentation équitable. Diversifier les programmations, c’est refléter la richesse linguistique et identitaire de l’espace sénégalo-mauritanien.

Les bâtisseurs de ponts

Zako Yero Guissé ont tissé des passerelles. Les chroniqueurs Bala, Doubidou, Safa, Rim, Gros Junior Barro et d’autres ont imposé le rythme et la diversité du débat. Même vifs, ces échanges en ligne ont fait émerger des préoccupations communes.

BB MC est resté jusqu’à la fin. Présent, disponible, maître de son art. Une attitude qui rappelle qu’un rappeur n’est pas seulement un technicien : c’est un acteur du mouvement. La jeunesse des artistes devient alors une force de renouvellement et de rassemblement.

Le hip-hop comme rempart

Le message est clair : personne ne devrait pouvoir dresser durablement les peuples les uns contre les autres. Entre le Sénégal et la Mauritanie, le rap a le choix. Nourrir les tensions ou renforcer les liens. Les participants ont choisi la seconde option.

« Hip-hop sans haine » n’est pas un slogan. C’est la volonté d’une génération de préserver une proximité culturelle ancienne et de faire de la musique un espace de fraternité.

Un morceau traverse une frontière en quelques secondes. Construire une relation durable demande du temps, de la responsabilité et un dialogue constant.

Aux artistes, aux organisateurs, aux chroniqueurs et à la jeunesse : transformez cette ambition en actes. Faites du hip-hop non pas un instrument de division, mais la bande-son de l’unité entre le Sénégal et la Mauritanie.

Le live est terminé. Le message, lui, continue de circuler.

 

 

MBG dit Alia Gaye

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile