Halima Gadji : l’adieu à une icône brisée

Un an avant sa mort brutale ce lundi, la star de "Maîtresse d'un homme marié" confiait à Canal+ son combat contre la dépression et dénonçait les maltraitances dans les hôpitaux psychiatriques africains. Un témoignage bouleversant devenu testament

SenePlus – L’actrice Halima Gadji, inoubliable Marième Dial de la série « Maîtresse d’un homme marié », est décédée ce lundi 26 janvier 2026 à l’âge de 36 ans des suites d’un malaise. Sa disparition brutale plonge le monde artistique africain dans une profonde consternation.

 

 

Dans une interview accordée à Canal+ en 2025, l’actrice s’était longuement confiée sur son combat contre la dépression et les troubles de la personnalité dont elle souffrait depuis l’enfance. « On m’a tellement harcelé par rapport à mon poids et par rapport à ma dyslexie que c’est justement ça qui a créé ma maladie mentale. Je ne suis pas née malade, c’est la société qui m’a foutu cette maladie », avait-elle déclaré avec une franchise désarmante.

Née le 25 août 1989 à Dakar, d’un père sénégalais et d’une mère maroco-algérienne, Halima Gadji avait connu trois hospitalisations psychiatriques entre 2021 et 2022, suite à une grave dépression et un burnout. « Je me suis retrouvée à l’hôpital psychiatrique. J’ai même fait un direct sur Instagram où j’ai dit des choses dont je ne me suis rendu compte qu’à ma sortie. J’avais vraiment besoin d’aide », avait-elle confié à Canal+.

L’actrice dénonçait avec véhémence les conditions déplorables dans les hôpitaux psychiatriques africains : « On m’a ligotée et on m’a frappée. J’aurais préféré recevoir des injections qui me calment plutôt que d’être attachée et frappée. » Une expérience traumatisante qu’elle comparait aux soins reçus au Canada, jugés « trois ou quatre fois plus sérieux ».

Face à la stigmatisation persistante de la santé mentale en Afrique de l’Ouest, Halima Gadji avait créé l’association « Sama Mental » (Mon Mental) pour venir en aide aux personnes souffrant de troubles mentaux. « En Afrique, la santé mentale est abordée comme un sujet tabou, comme une maladie de sorcellerie », déplorait-elle.

Son message était clair : « Mettez un nom sur ce que vous avez comme maladie et allez vous faire consulter, ce n’est pas une honte. » L’actrice insistait sur la diversité des troubles mentaux, dont la boulimie, l’anorexie, la schizophrénie, la bipolarité, les troubles de la personnalité ».

Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a rendu un vibrant hommage à l’actrice, soulignant qu’elle « s’est imposée comme une figure majeure de l’audiovisuel sénégalais et africain » par « la justesse de son jeu, la force de ses interprétations et son professionnalisme ».

Derrière la lumière des projecteurs, Halima Gadji menait un combat silencieux contre des crises de dépression qu’elle avait rendu public, devenant ainsi une figure marquante dans la lutte contre la stigmatisation de la santé mentale en Afrique.

« Parler m’a libéré », avait-elle confié à Canal+, espérant que son témoignage puisse aider d’autres personnes à sortir du silence. Cette interview restera comme le testament d’une artiste qui, jusqu’au bout, aura voulu briser les tabous et tendre la main à ceux qui souffrent dans l’ombre.

 

 

Source : SenePlus (Sénégal)

 

 

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