Courrier Expat – À Dubaï et Abou Dhabi, la guerre s’impose sans suspendre la vie quotidienne, expatriés comme diplomates apprenant à composer avec une insécurité devenue routinière : c’est le paradoxe que décrit le site du réseau audiovisuel public australien ABC.
Aux Émirats arabes unis, frappés par des missiles et drones iraniens, une “étrange normalité” s’installe. Comme le résume Mina Al-Oraibi, rédactrice en chef du quotidien d’Abou Dhabi The National : “C’est incroyable à quel point les humains s’adaptent […] Il y a bien sûr un malaise […], personne ne peut l’effacer.” Malgré les alertes et les interceptions, la vie continue : commerces ouverts, mosquées pleines, sorties maintenues. Les expatriés, nombreux dans le pays, participent pleinement à cette adaptation rapide.
Pour Brett Evans, entrepreneur australien installé à Dubaï, l’expérience rappelle la pandémie : “Cela ressemble au Covid, c’est la meilleure façon de le décrire […] ; quand les alarmes se déclenchent, on se met à l’abri […], mais tout le monde continue d’avancer.” Télétravail généralisé, routines ajustées, vigilance accrue : “On continue d’aller au parc […], de faire les courses […], rien n’a changé. On agit simplement avec plus d’attention.”
Sentiment d’incertitude
Sur les 24 000 expatriés australiens recensés, beaucoup ont choisi de rester. Cette résilience masque pourtant une tension persistante. L’ambassadeur australien aux Émirats, Ridwaan Jadwat, évoque un basculement brutal. Comme les autres familles du personnel diplomatique sur place, la sienne a dû rentrer en Australie et plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons vers le Golfe.
Les flux internationaux, essentiels à l’économie locale, ont été durement touchés : plus de 52 000 vols annulés et près de 6 millions de passagers affectés depuis le début de la guerre, le 28 février. Des dizaines de milliers de voyageurs sont aussi restés bloqués dans les aéroports, pris en charge par les compagnies. À moyen terme, les analystes redoutent un recul du tourisme et un départ d’expatriés, facteur clé de la croissance.
Pour l’heure, le sentiment dominant reste celui d’une attente incertaine. Comme le note Mina Al-Oraibi : “À court terme, les gens ne ressentent pas de différence […], mais il y a ce sentiment d’incertitude.” Entre adaptation quotidienne et inquiétude économique, les expatriés incarnent cette ligne de crête, suspendue à l’évolution du conflit.
Source : Courrier Expat – (Le 18 mars 2026)
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