Agence de Presse Africaine – Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé jeudi l’achèvement réussi de l’évacuation de tous les ressortissants ghanéens souhaitant rentrer au pays depuis Israël, alors que le Moyen-Orient bascule dans une guerre régionale ouverte après la frappe du 18 mars sur les installations gazières iraniennes.
Dans une déclaration publiée le 19 mars sur ses réseaux sociaux consultés à APA, le ministre ghanéen des Affaires étrangères a précisé que l’opération d’évacuation de ses ressortissants d’Israël a également concerné une partie du personnel diplomatique de l’ambassade du Ghana à Tel-Aviv, le gouvernement ayant décidé de maintenir sur place un nombre restreint d’agents pour assurer les services consulaires essentiels. Il a exprimé la gratitude d’Accra aux autorités israéliennes et égyptiennes pour leur coopération, et adressé un message de bienvenue aux compatriotes rentrés au Ghana dans les heures précédant sa déclaration.
Cette évacuation intervient au lendemain d’un tournant majeur dans le conflit : le 18 mars 2026, une frappe coordonnée avec l’accord des États-Unis a visé le champ gazier stratégique de South Pars, l’un des principaux centres de production énergétique iranien, endommageant des installations essentielles et bloquant une part significative de l’approvisionnement en gaz de Téhéran. En représailles, l’Iran a lancé des missiles et drones contre des infrastructures pétrolières et gazières dans plusieurs pays du Golfe — Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Koweït —, dont le complexe gazier de Ras Laffan. Le conflit, jusque-là concentré sur le front israélo-palestinien, s’est ainsi mué en guerre régionale ouverte impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran, avec une implication accrue de milices pro-iraniennes et des frappes sur des bases alliées.
Les répercussions économiques sont immédiates : le baril de Brent a dépassé les 119 dollars, tandis que le détroit d’Ormuz reste perturbé, affectant le transit de près d’un tiers des exportations mondiales de pétrole. Sur le plan diplomatique, les réactions sont contrastées, certaines puissances appelant à la retenue quand d’autres brandissent la menace d’actions supplémentaires, tandis que les pays du Golfe dénoncent les dommages causés à leurs infrastructures essentielles.
C’est dans ce contexte d’embrasement régional que le Ghana avait déjà été touché par plusieurs incidents. Le 6 mars, deux soldats ghanéens servant au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) avaient été grièvement blessés par une frappe de missiles dans le sud du Liban, tandis qu’un troisième militaire avait été traumatisé et le mess des officiers du bataillon détruit par un incendie. Accra avait déposé une protestation formelle auprès du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le ministre Ablakwa exigeant l’ouverture d’une enquête qu’il avait qualifiée de « complète, immédiate, impartiale et transparente ».
Le 11 mars, deux ressortissants civils ghanéens avaient par ailleurs été blessés après la chute de drones aux abords de l’aéroport international de Dubaï. Le ministère avait dépêché une délégation conduite par l’ambassadeur du Ghana aux Émirats arabes unis pour rendre visite aux blessés, dont l’état n’était pas critique.
Face à l’ensemble de ces développements, Accra a appelé les Nations Unies à renforcer les mesures de sécurité pour son contingent au Liban, dit soutenir les consultations en cours en faveur d’une désescalade, et exhorté ses ressortissants présents dans la région du Golfe à faire preuve de vigilance. La dynamique actuelle laisse craindre des répercussions économiques, sécuritaires et humanitaires durables bien au-delà de la région.
L’administration Mahama a réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts d’évacuation en faisant de la sécurité et du bien-être de tous les Ghanéens à l’étranger une priorité.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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