France-Maroc : la soif de revanche des Lions de l’Atlas, quatre ans après la demi-finale perdue au Qatar

La sélection marocaine de football n’a battu la France qu’une seule fois, lors d’un tournoi amical, en mai 1998. Vingt-huit ans plus tard, ses supporteurs ont des raisons de croire en une victoire de leur équipe, plus forte que jamais, en quarts de finale du Mondial 2026.

Le Monde – Ce n’est un secret pour personne : à l’heure d’affronter l’équipe de France, jeudi 9 juillet, à Boston (Massachusetts), en quarts de finale de la Coupe du monde de football 2026, le Maroc rêve de revanche. Il y a quatre ans, au Qatar, les Bleus avaient mis fin aux espoirs des Lions de l’Atlas en demi-finales (0-2). Une défaite amère pour la sélection marocaine, diminuée par la fatigue et les blessures, et privée, à ses yeux, de deux penaltys non sifflés.

Malgré cette élimination, elle était entrée dans l’histoire du tournoi en devenant la première équipe africaine et arabe à en rallier le dernier carré. Un accomplissement célébré en grande pompe par tout un peuple qui espère encore mieux cette année. Mais il faudra d’abord briser le « plafond de verre » en battant les Bleus, ce qui n’est arrivé qu’une seule fois. Le 29 mai 1998, le Maroc l’emportait aux tirs au but (2-2 ; 6-5 t.a.b), à l’occasion d’une compétition amicale disputée à Casablanca (Maroc) quelques jours avant le coup d’envoi de la Coupe du monde organisée en France.

Si le face-à-face a des airs de finale avant l’heure pour les Marocains, le discours, lui, a sensiblement changé. L’épopée qatarie avait un goût d’imprévu, de délicieuse surprise. Celle en Amérique du Nord a la saveur d’une confirmation. Les chiffres confirment cette progression : entrée pour la première fois dans le top 10 mondial, en janvier, la sélection du royaume occupait la septième place du classement FIFA au début de la Coupe du monde, devant les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne.

En 2026, les Lions de l’Atlas sont de nouveau les derniers représentants des nations africaines et arabes encore en lice dans la compétition, si bien que leurs performances se jaugent désormais à l’aune de celles des meilleures sélections d’Europe ou d’Amérique du Sud.

Priorité au Maroc

Désormais, porter le maillot de la sélection marocaine n’est plus un plan B pour les joueurs binationaux. L’un des derniers à avoir franchi le pas est l’une des révélations du Mondial : la pépite Ayyoub Bouaddi, très en vue lors du match de la phase de groupes face au Brésil (1-1). Le milieu de Lille, en Ligue 1, né à Senlis (Oise), n’a rejoint l’équipe qu’en mai, soit un mois avant le coup d’envoi du tournoi.

Avant lui, Issa Diop, 29 ans et originaire de Toulouse, a fait un choix similaire. En 2016, il avait remporté l’Euro des moins de 19 ans avec l’équipe de France. Parmi ses coéquipiers se trouvait un autre jeune prometteur : Kylian Mbappé. Aujourd’hui défenseur de Fulham en Angleterre, Diop a brillé sur les pelouses nord-américaines notamment lors du seizième de finale face au Pays-Bas (1-1, 3-2 t.a.b), où il a été l’unique buteur de son équipe. Sept ans plus tôt, il avait déclaré qu’il ne porterait que le maillot bleu dans sa carrière internationale.

A cette liste s’ajoutent aussi l’ailier du Real Madrid Brahim Diaz ou encore l’arrière droit du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi, tous deux nés en Espagne. Si bien qu’Azzedine Ounahi, un des rares joueurs né au Maroc, s’était permis ce trait d’humour après la rencontre face aux Oranje : « Les fournisseurs, ils ont gagné. »

Objectif 2030

La réussite marocaine est aussi le fruit d’une politique sportive entamée il y a presque vingt ans. Les centres de formation ont fleuri, des stades ont été construits, sans oublier des recrutements judicieux pour développer le football dans le royaume. Le Maroc est de loin le pays d’Afrique qui a le plus investi dans le ballon rond ces dernières années, et sans doute, comparé à son produit intérieur brut, un des premiers au monde.

Mais cette ambition se frotte désormais à l’équipe de France. Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, on se plaît à rappeler que de l’Espagne à la Belgique en passant par les Pays-Bas, toutes les nations qui accueillent les diasporas marocaines les plus importantes ont été battues par le Maroc depuis 2022. Ne restent que les Bleus.

Si les Lions de l’Atlas ne partent pas favoris de ce quart de finale, les supporteurs ont tout de même des raisons d’y croire. L’équipe des moins de 20 ans a d’ailleurs battu les jeunes français en demi-finale de la Coupe du monde de la catégorie en octobre 2025 (1-1 ; 5-4 t.a.b), avec à leur tête l’entraîneur Mohamed Ouahbi, promu depuis à la tête de l’équipe A. Quelques jours plus tard, le Maroc décrochait le titre suprême contre l’Argentine en finale.

Les plus pessimistes ont déjà le regard tourné vers le Mondial 2030, dont le Maroc sera l’un des pays hôtes, avec l’Espagne et le Portugal. C’est sans doute là que réside son principal objectif, d’autant plus que la sélection sera sans doute renforcée par plusieurs éléments de l’équipe des moins de 20 ans. Privilège des grandes nations du football, le Maroc n’a pas fini de progresser et peut même se payer le luxe de se projeter.

 

 

 

 

 

Source : Le Monde

 

 

 

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