France-Espagne : des retrouvailles pour une affiche aux airs de « finale avant l’heure » dans la Coupe du monde 2026

Pour la première fois depuis le début du Mondial, les Bleus rencontrent un adversaire à leur mesure en demi-finales de la compétition. La Roja affiche une confiance née de son titre européen acquis en 2024 et de ses deux dernières victoires face à la France.

Le Monde  – A chaque tour passé dans cette Coupe du monde 2026, Didier Deschamps et ses joueurs répètent le même refrain, pour s’en persuader ou pour se prémunir de tout relâchement : la marche sera plus haute au tour suivant. Pour l’instant, les Bleus n’ont guère été inquiétés, dominant tour à tour la Suède (3-0), le Paraguay (1-0) et le Maroc (2-0). Mais à Dallas (Texas), pour la demi-finale disputée mardi 14 juillet, la pente devrait se redresser brutalement face à l’Espagne, championne d’Europe en titre.

Depuis le début du tournoi, la formation tricolore et la Roja sont sans doute les deux sélections les plus convaincantes et les plus solides. La domination de tous les instants qu’elles imposent à leurs adversaires, dans tous les secteurs du jeu, rend ces deux équipes difficilement maîtrisables.

Cette affiche n’aurait pas fait tache, le 19 juillet à New York, pour le dernier match de la compétition. « Il n’est pas exagéré de qualifier ce match de finale avant l’heure », a affirmé Luis de la Fuente, le coach espagnol, après le succès des siens en quarts de finale face à la Belgique (2-1).

Bien qu’elle ait affronté des équipes solides, comme le Sénégal, la Norvège ou le Maroc, la France n’a jamais été menée au score dans ce Mondial, assumant son statut de favorite à chaque rencontre. La force de frappe offensive des Bleus – seize buts inscrits, le deuxième total du tournoi derrière l’Argentine – lui a non seulement permis de surclasser ses adversaires, mais aussi de leur inspirer une véritable crainte, à l’instar des Lions de l’Atlas, qui ont perdu leurs moyens en quarts de finale.

« Capable de battre n’importe quelle équipe »

L’Espagne devrait proposer, mardi, un défi différent aux protégés de Didier Deschamps, puisqu’elle possède la meilleure défense de la compétition – un seul but encaissé – et qu’elle aime, comme la France, prendre le jeu à son compte. Une possession de balle importante, couplée à un jeu de transition rapide vers l’avant, lui avait permis de remporter le titre à l’Euro 2024 et de retrouver un niveau de confiance que la Roja n’avait plus atteint depuis le précédent sacre continental de 2012. « Nous avons le plus grand respect pour nos adversaires, mais nous nous sentons capables de battre n’importe quelle équipe », a prévenu Luis de la Fuente.

« L’attaque française est d’une puissance hallucinante, presque indécente. Mais ce qui est rassurant pour l’Espagne, c’est que cette génération n’a peur de personne et pas de la France. C’est même la seule équipe à l’avoir battue deux fois de suite », rappelle Daniel Verdu Palay, journaliste pour le quotidien El Pais. En demi-finales de l’Euro 2024, la Roja avait donné une leçon aux Bleus (2-1), avant de les dominer une nouvelle fois au même stade de la Ligue des nations 2025 (5-4), un an plus tard, dans un match échevelé à Stuttgart (Allemagne).

Plus largement, la sélection ibérique a souvent dominé son homologue tricolore au XXIe siècle, avec huit succès en douze confrontations. Depuis le tirage au sort de la Coupe du monde, en décembre 2025, les deux équipes savaient qu’elles ne se croiseraient pas avant les demi-finales, si chacune d’entre elles prenait la première place de son groupe. Elles s’apprêtent désormais à un treizième face-à-face.

Le 15 juin, à la veille de l’entrée en lice de la France face au Sénégal, Didier Deschamps avait fait de l’Espagne le « grand favori » de cette Coupe du monde, en réponse à certains qui voyaient déjà les Bleus soulever le trophée. Pourtant, l’entrée en lice de la Roja a été plus compliquée que prévu. « Les gens ont un peu douté après le match nul contre le Cap-Vert [0-0], mais l’équipe a très bien réagi et maintenant, la confiance est au plus haut », souligne Abraham Romero, journaliste pour El Mundo. « En Espagne, la France est considérée comme la grande favorite, mais on pense aussi qu’avec son style, s’il y a bien une équipe capable de la battre, c’est la Roja », poursuit-il.

« Nous n’avons aucune crainte »

Pour y parvenir, l’équipe peut compter sur ses qualités, à même de contrarier les Bleus. « La grande force de l’Espagne, c’est le collectif, son milieu de terrain et son jeu de position. L’équipe fonctionne comme un vrai bloc. Elle croit vraiment en son football, fait de combinaisons et de mouvements, où n’importe quel joueur peut faire la différence. C’est sa façon de rivaliser avec une équipe comme la France », abonde Daniel Verdu Palay.

Luis de la Fuente espère également pouvoir s’en remettre au talent de Lamine Yamal, qui a martyrisé les Bleus en 2024 et 2025. Discret dans cette Coupe du monde, il n’a marqué qu’un but, sans délivrer de passe décisive. L’ailier du FC Barcelone, qui a fêté ses 19 ans à la veille de cette demi-finale, a affiché sa confiance sitôt la victoire contre la Belgique acquise : « S’ils [les Français] doivent avoir peur de quelqu’un, c’est bien de nous, nous les avons éliminés la dernière fois [en 2025]. Nous sommes deux grandes équipes, selon moi les deux meilleures, mais nous n’avons aucune crainte. »

Plus tôt dans la compétition, le jeune prodige avait déjà refusé de faire des Tricolores les favoris, entretenant une forme de rivalité entre les deux formations. « Je connais très bien Lamine, c’est un joueur très fort, un garçon ambitieux qui dit les choses comme il les pense et les voit, avait répondu Jules Koundé, son coéquipier au Barça, le 2 juillet. Malheureusement, la dernière rencontre ne s’est pas passée comme on voulait, donc je garde ça dans un coin de la tête. » Comme tous ses coéquipiers, qui espèrent passer l’obstacle espagnol avant de prendre, peut-être, une autre revanche, face à l’Argentine en finale.

 

 

 

 

 

Source :  Le Monde 

 

 

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