Entre le Sénégal et la France, un réseau pédocriminel présumé ciblant des élèves d’écoles coraniques démantelé

Un septuagénaire français est accusé d’être à la tête, depuis 2017, d’un « réseau transnational » déployé « entre la France, le Sénégal, le Maroc, la Mauritanie et le Mali ».

Charente Libre  – Ciblage d’élèves d’écoles coraniques, images d’enfants sodomisés, transferts d’argent… Une vingtaine de suspects ont été mis en examen au Sénégal et en France dans l’enquête sur un réseau pédocriminel international imputé à un homme d’affaires français, démantelé en février à Dakar.

Quatorze Sénégalais, nés entre 1976 et 2006, ont été inculpés et écroués début février à Dakar, notamment pour « pédophilie, corruption de mineurs et transmission volontaire du sida » tandis qu’un quinzième est en fuite aux États-Unis, ont indiqué des sources proches du dossier au Sénégal. Ils sont soupçonnés d’appartenir à un réseau dirigé, selon l’accusation, par un Français, lui-même arrêté à Beauvais en avril 2025.

Pierre Robert, septuagénaire, est accusé d’être à la tête, depuis 2017, d’un « réseau transnational » déployé « entre la France, le Sénégal, le Maroc, la Mauritanie et le Mali », selon les mêmes sources sénégalaises. « D’autres pays d’Afrique » font aussi l’objet d’investigations, précise une source proche française.

«L’enrôlement de jeunes enfants de sept à treize ans, aux fins de leur exploitation dans la pratique sexuelle entre hommes […] organisées dans une villa.»

A Paris, Pierre Robert est mis en examen depuis avril dernier pour traite d’être humain, proxénétisme aggravé, viol et agression sexuelle sur des jeunes de moins de 15 ans, administration de substance nuisible à un jeune de moins de 15 ans suivie de mutilation ou infirmité permanente, ou encore pour instigation à commettre un viol sur mineur non suivie d’effet. Le suspect nie vigoureusement. Son avocat parisien Antonin Gravelin-Rodriguez dénonce un « récit médiatique exclusivement à charge » nourri par l’accusation « qui se déchaîne dans la presse ».

Le chef du réseau cherchait « l’enrôlement de jeunes enfants de sept à treize ans, aux fins de leur exploitation dans la pratique sexuelle entre hommes […] organisées dans une villa à Saly » Portudal, une station balnéaire située au sud de Dakar, selon des sources sénégalaises, qui citent un « partenaire sexuel » de Pierre Robert. Il avait comme « cibles de prédilection les talibés, en raison de la précarité » de ces élèves d’écoles coraniques dont des milliers, selon des ONG, mendient dans les rues du Sénégal, pays majoritairement musulman.

Les « mineurs recrutés devaient jouer les rôles de partenaires dits ‘passifs’» lors des ébats, selon les mêmes sources. « Des images d’enfants en sodomie » ont été retrouvées dans des échanges entre Pierre Robert et une des 14 personnes arrêtées, affirment les mêmes sources.

Outre Pierre Robert, deux hommes sont poursuivis à Paris pour proxénétisme aggravé et traite d’être humain, le tout en bande organisée, d’après le parquet de Paris. L’un d’entre eux, Adrien Bastard, a « reconnu avoir acheté des vidéos à caractère sexuel auprès de Sénégalais », selon les sources sénégalaises. Les enquêteurs français le considèrent comme le « bras droit » de Pierre Robert, avec qui il s’est notamment rendu au Maroc, selon une source proche du dossier française.

Au Sénégal, des enquêteurs se sont rendus à Saly pour voir la maison que Pierre Robert « avait l’habitude de louer pour y organiser des soirées de rencontre entre jeunes garçons et des clients », selon les sources sénégalaises proches du dossier.

 

 

Source : Charente Libre (France) – Le 19 mars 2026

 

 

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