AFP – Nouvelles violences sur fond de tensions migratoires en Afrique du Sud. Des heurts ont éclaté entre des groupes anti-migrants et des ressortissants étrangers, jeudi 8 octobre, à Soweto, près de Johannesburg, ainsi qu’à Durban, la grande ville de la côte est, selon des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) et la police.
Un peu plus de trois ans après l’ultimatum lancé par des groupuscules xénophobes demandant le départ des migrants en situation irrégulière, qui avait poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays, la situation s’est à nouveau enflammée en raison d’une circulaire ayant provoqué un afflux de demandeurs d’asile, devant les bureaux de l’immigration.
A Soweto, au moins 10 véhicules ont été incendiés mais aucun blessé n’a été signalé, selon la police. Des petits commerces, tenus par des étrangers, ont été visés par des activistes antimigrants, d’après des vidéos diffusées par des médias locaux.
« Des coups de feu auraient été tirés vers les manifestants », a expliqué un porte-parole de la police métropolitaine de Johannesburg, Xolani Fihla, sur la chaîne de télévision publique SABC. « Il y a eu des affrontements entre des ressortissants étrangers présents dans la région et des ressortissants sud-africains. » Une décision de la plus haute juridiction du pays, en juillet, a obligé le ministère de l’intérieur à accepter le dépôt de demandes d’asile, y compris de ressortissants étrangers entrés illégalement dans le pays.
« Escalade de la violence »
« Tous les services chargés des réfugiés ont été submergés par le nombre de personnes venues déposer une demande », a reconnu le gouvernement dans un communiqué, jeudi. Ce dernier a toutefois rappelé que la décision de justice « n’accorde pas automatiquement le statut de réfugié ».
A Durban, épicentre du mouvement contre l’immigration clandestine, une descente de manifestants contre une de ces longues files d’attente a dégénéré jeudi. « L’un d’entre eux aurait été agressé par un ressortissant étranger », affirme un communiqué de la police de la province. « Le groupe s’est mis en colère et des violences ont éclaté, entraînant l’incendie d’au moins 14 véhicules. La police est intervenue face à l’escalade de la violence et a arrêté trois ressortissants étrangers pour agression », ajoute-t-il.
La police a ouvert le feu avec des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants, dont certains ont incendié une entreprise tenue par des étrangers, et pillé et vandalisé d’autres commerces, ont constaté des journalistes de l’AFP. La police, déployée en grand nombre dans le centre-ville de Durban, a aussi été prise pour cible et un bâtiment municipal a été incendié, selon un fonctionnaire local.
Les autorités pourchassent « ceux qui sont responsables du chaos », a assuré à la presse Puleng Dimpane, cheffe de la police par intérim. « Le droit d’exprimer ses inquiétudes et de manifester ne donne à personne le droit de commettre des actes criminels », a-t-elle ajouté.
La campagne visant depuis des mois les étrangers en situation irrégulière a été marquée par la mort d’au moins quatre migrants, dans des violences liées au mouvement, selon la police. Elle avait connu son apogée avec l’ultimatum du 30 juin, fixé par plusieurs groupuscules xénophobes pour que les sans-papiers quittent le pays.
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