Deutsche Welle – Au Sénégal, la Présidence de la République apporte son soutien officiel à Macky Sall, candidat au poste de secrétaire général des Nations Unies.
Ce soutien fait débat. Il survient après la rencontre de l’ancien Chef de l’État avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, vendredi dernier, à Dakar.
Pour ou contre ?
Issa Malang, étudiant de l’université de Dakar, est favorable au soutien du Sénégal à la candidature de l’ancien Président de la République à l’Onu. Pour lui, le Sénégal a le devoir de soutenir tout citoyen sénégalais qui souhaite accéder à l’une des plus hautes institutions du monde.
« Macky Sall est un ancien président, argumente-t-il. Au-delà, c’est un fils du pays. Lorsqu’un fils du pays a l’ambition de diriger une institution comme l’Onu, il est tout à fait normal que l’État du Sénégal, y compris le Président de la République, lui apporte son soutien pour qu’il gagne. »
Au contraire, Ibrahima, autre étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop, pense que Bassirou Diomaye Faye cherche juste un allié politique en vue des élections de 2027 et 2029.
« Diomaye Faye ne soutient pas Macky Sall pour l’intérêt supérieur de la Nation, estime l’étudiant. Il le soutient pour en faire un allié. L’intérêt supérieur de la Nation, c’est de traduire Macky Sall devant la justice, parce que sa responsabilité est engagée dans tout ce qui s’est passé dans ce pays avant les élections de 2024. »
La problématique de l’après-pouvoir
Moctar Sourang ne comprend pas, lui, l’opposition du parti Pastef à ce soutien. « En réalité, les arguments avancés pour ne pas soutenir sa candidature, c’est de dire qu’il est responsable des événements post-électoraux de 2021 à 2024 », déclare cet ancien coordonnateur du FRN, le Front pour la Résistance Nationale, entre 2019 et 2021. Il estime que tant que Macky Sall n’est pas condamné, l’État du Sénégal doit le soutenir : « Je pense qu’il faut faire très attention. C’est comme si on me disait que la mort de l’étudiant, il y a quelques mois, est de la responsabilité du Président ou de son Premier ministre. Un Président donne des instructions quand il y a des incidents, mais on ne peut pas le tenir pour responsable des morts ou des blessés. »
Directeur exécutif de l’ONG 3D, membre de la société civile, Moundiaye Cissé abonde dans le même sens. Pour lui, en soutenant son prédécesseur, Bassirou Diomaye Faye donne une leçon de démocratie :
» Il faut encourager cela: qu’un ancien président de la République puisse être au service de l’État du Sénégal, et que l’État continue d’accompagner les anciens Présidents. Cela pourrait encourager les présidents à quitter le pouvoir. Parce que le plus grand problème de nos Chefs d’État, c’est l’après-pouvoir »
Ce soutien officiel à la candidature de Macky Sall, permettra au réseau diplomatique sénégalais de défendre ouvertement Macky Sall auprès des gouvernements, des organisations régionales et des partenaires stratégiques.
Quant à Ousmane Sonko chef du Pastef, il n’a pour l’instant fait aucun commentaire. Il demande à ses militants de se focaliser sur les échéances électorales à venir.
Saikou Seydi
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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