Dialectique de la Transmission du savoir

Avant d’aborder le sujet, il me semble intéressant de rendre un hommage à un grand intellectuel. Le natif de Kaédi et grand mathématicien, Pr Toka Diagana, a « marché sur ma langue » concernant sa réflexion sur l’IA et les mathématiques. J’avais récemment pensé à partager une opinion concernant ce sujet suite à la sortie du mathématicien français Cédric Villani, qui était mécontent que les IA puissent résoudre des équations qui prenaient des années de recherches. Ce que le mathématicien français a oublié, c’est que ces outils sont de grandes bibliothèques mobiles, virtuelles et accessibles qui disposent d’une puissance de calcul qui dépasse largement celle de milliards d’ordinateurs interconnectés entre eux. Ceci étant, poursuivons le sujet du jour.

Avec l’évolution inéluctable des nouvelles technologies, il faut monter rapidement dans le train de l’adaptation, au lieu de rester dans des verbiages stériles qui ne changeront rien à la marche du progrès.

Être serein, c’est mettre tout en place pour trouver l’équilibre entre l’action et la réflexion. Comme le disait Estée Lauder : « Je n’ai jamais rêvé du succès, j’ai travaillé pour l’obtenir. » Cette citation m’inspire chaque jour à avancer avec bienveillance et passion dans ma quête de sens, après avoir définitivement fixé mon manteau d’existence dans le vide de mon inexistence. Par conséquent, dans la vie, il ne faut jamais cesser de rêver, mais il faut travailler pour donner à ses rêves une chance de traverser la passerelle de la réalité.

Ainsi, entre le rêve et sa réalisation, comme entre le maître et le disciple, il existe une passerelle qu’il faut savoir traverser. Cette démarche exige aussi bien l’audace de poursuivre, la lucidité de se remettre en question face aux acquis et l’humilité de ne pas ignorer les enseignements du maître qui nous a permis de cheminer vers la compréhension et la maturité.

Le mathématicien Paul Erdös est mort et il fut l’auteur infatigable d’un très grand nombre de publications : « Il faut parfois compliquer un problème, disait-il, pour en simplifier la solution. »

Un jour, alors qu’il était très âgé, quelqu’un lui demanda d’où venait son désir inlassable de continuer à faire des mathématiques. Il répondit : « Le premier signe de sénilité chez un mathématicien, c’est quand il oublie ses théorèmes. Le deuxième signe, c’est quand il oublie de fermer sa braguette. Le troisième, c’est quand il oublie de l’ouvrir. »

Le disciple soufi va paraphraser le mathématicien en disant que le premier signe de maturité d’un disciple ou étudiant, c’est quand il cherche à descendre le maître du piédestal pour le tutoyer ; le deuxième, c’est lorsqu’il cesse de marcher derrière lui pour le côtoyer ; et le troisième, c’est lorsqu’il se pose la question suivante : depuis quand a-t-il eu le courage de descendre le maître sans que ce dernier ne cesse d’être son guide ou mentor pour l’éternité ?

Dans cette dialectique, le débutant cherche le maître officiel, celui que son statut désigne et que tout le monde reconnaît.

Le disciple mature, lui cherche le guide que tout le monde observe, celui qui sait transformer avant de réagir. C’est ce dernier qui connaît le centre invisible des enseignements censés conduire l’être humain vers l’autonomie. Il faut donc comprendre que la dépendance dans une relation entre maître et disciple est une dette qui ne dit pas son nom. Par conséquent, la liberté n’est pas une émotion. C’est une structure qu’il faut apprendre à maîtriser et à contrôler. Enfin, il est impossible de comprendre et d’acquérir la profondeur de notre être sans la solitude dans le néant de notre existence.

@Yoo Alla Faabo !

Abdoul GUISSÉ (Informaticien)

 

 

 

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