Dakar – JO de la jeunesse : les tambours-majors feront résonner le sabar du «Trésor humain vivant»

Vidéo – Lorsqu’un artiste est reconnu par l’Unesco «Trésor humain vivant» c’est qu’il était plus qu’un percussionniste, mais un patrimoine culturel à lui seul. Aujourd’hui disparu, Doudou Ndiaye Rose a légué son art à une génération qui fera résonner ses sonorités lors des JO de la jeunesse prévus du 31 octobre au 13 novembre à Dakar.

«Le tambour-major est avant tout un griot, un percussionniste professionnel qui maîtrise parfaitement son art et dirige une troupe. Il se tient toujours à l’avant pour conduire les autres musiciens et donner le rythme. C’est ce rôle de chef et cette maîtrise de la percussion qui font de lui un tambour-major», explique Ndiapaly Ngom, tambour-major.

Un art qui a ses maîtres, ses grandes figures et ses dynasties. Sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, Doudou Ndiaye Rose avait été choisi pour porter haut les couleurs de la culture sénégalaise sur les scènes internationales.

Issu d’une famille de griots, Doudou Ndiaye Rose (1930-2015) a fait rayonner le sabar bien au-delà des frontières du Sénégal. Il a été désigné Trésor humain vivant par l’Unesco en 2006.

Le maître des tambours a disparu, mais son œuvre lui survit à travers sa descendance. À ses côtés, d’autres grandes familles, notamment celle de Mbassou Ngom, ont perpétué cette tradition.

Aujourd’hui, avec les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026, une nouvelle page s’écrit. Les héritiers de ces grandes lignées sont appelés à faire vibrer les tambours devant le monde entier.

Pour Mamory Ngom, fils de Mbassou Ngom, cette sélection est autant une consécration qu’un appel à préserver leur métier.

«Nous avons été sélectionnés pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse, un événement d’envergure mondiale. Nous assurerons le spectacle les 2 et 11 novembre. C’est une occasion exceptionnelle pour les percussionnistes sénégalais. Depuis les premiers Jeux olympiques en Grèce, nous n’avons jamais connu une telle opportunité. Aujourd’hui, le Sénégal organise cet événement et fait appel à nous. Cela doit nous encourager à prendre davantage notre métier au sérieux, à le valoriser et surtout à le préserver pour les générations futures», soutient Mamory Ngom, tambour-major.

Longtemps considéré par certains comme une simple animation populaire, le métier de percussionniste constitue pourtant une véritable activité professionnelle, capable de faire vivre des familles et de rayonner bien au-delà du Sénégal.

Des grandes scènes parisiennes aux rendez-vous culturels internationaux, le sabar et les rythmes traditionnels sénégalais ont conquis leur place. L’acteur culturel Ibrahima Mbaye Sopé voit dans le choix des tambours majors pour les JOJ la reconnaissance d’un patrimoine dont la richesse n’est plus à démontrer.

«Ce métier peut parfaitement nourrir son homme. Aujourd’hui, la percussion sénégalaise a une dimension internationale. Lorsque Youssou Ndour se produit à Bercy, il est accompagné de plusieurs percussionnistes. Il faut aussi se souvenir de notre grand maître Doudou Ndiaye Rose, choisi par le président Senghor. Il s’était produit en France avec plus d’une centaine de percussionnistes. Ce n’est donc pas un hasard si, aujourd’hui, vous avez été choisis pour participer à un événement aussi important. C’est la reconnaissance d’un savoir-faire et d’un héritage culturel exceptionnel», explique Ibrahima Mbaye Sopé, acteur culturel.

De Senghor aux Jeux olympiques de la jeunesse, les époques changent, mais les tambours continuent de battre au rythme de l’histoire sénégalaise. Doudou Ndiaye Rose s’en est allé, Mbassou Ngom a laissé son empreinte, mais leurs héritiers entretiennent la flamme.

À Dakar 2026, ce ne sont pas seulement des percussionnistes qui entreront en scène: c’est tout un patrimoine qui prendra la parole, dans cette langue universelle qu’est le rythme. Et derrière chaque coup de tambour résonnera la mémoire des anciens, portée par l’ambition des nouvelles générations.

Source : Le 360.ma (Maroc)

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