Coupe du monde 2026 : visa, caution, restrictions… Le parcours du combattant des supporters africains

Les ressortissants de plus de la moitié des pays africains qualifiés pour la Coupe du monde devront montrer patte blanche pour se rendre aux États-Unis. Ils devront satisfaire aux nombreuses exigences de l’administration, notamment financières.

Jeune Afrique – Qu’ils soient Ivoiriens, Tunisiens, Algériens, Cap-Verdiens ou Sénégalais, assister à des matchs de la phase finale de la Coupe du monde, aux États-Unis, sera difficile et cher. Non seulement les prix des transports, des billets et de l’hébergement ont subi une forte inflation, mais obtenir un visa ne sera pas chose aisée.

Les ressortissants des pays faisant partie de la fameuse liste établie par l’administration américaine en mars dernier devront en effet verser une caution allant de 4 350 euros pour un enfant à 13 000 euros au maximum pour un adulte, afin d’obtenir le précieux sésame. Il leur faudra quitter le territoire américain à une date précise. Cette disposition, appelée Visa Bond Program (Programme de cautionnement des visas) a été mise en place au mois d’août 2025 et concernait initialement trente-huit pays, avant qu’elle soit étendue à douze autres.

Les joueurs et leurs staffs exemptés

L’objectif de l’administration de Donald Trump est de lutter contre les dépassements de séjours illégaux et l’immigration clandestine. En 2025, le Département de la sécurité intérieure a précisé que 13,5 % des Cap-Verdiens, 8,5 % des Ivoiriens, 6,5 % des Algériens, 4,5 % des Sénégalais et 2 % des Tunisiens n’avaient pas respecté le délai de leur visa en 2024. À la fin d’octobre 2025, environ 530 000 personnes avaient ainsi été expulsées des États-Unis.

En ce qui concerne les joueurs et leurs staffs, aucune caution ne sera exigée. La Fifa en a fait la demande auprès du Département d’État et a obtenu gain de cause le 13 mai. « Nous restons déterminés à renforcer les priorités des États-Unis en matière de sécurité nationale tout en facilitant les déplacements légitimes pour la prochaine Coupe du monde », a déclaré Mora Namdar, secrétaire d’État adjointe aux affaires consulaires. Cette annonce « démontre une nouvelle fois notre collaboration continue avec le gouvernement des États-Unis et le groupe de travail de la Maison Blanche pour la Coupe du monde », s’est félicitée dans un communiqué la Fifa, exprimant sa « reconnaissance » envers le gouvernement américain.

Les supporters sénégalais et ivoiriens pénalisés

Mais pour les autres, le parcours s’annonce plus complexe. Au début du mois de mai, plusieurs membres de la fédération sénégalaise n’ont par exemple pas pu obtenir leur visa auprès de l’ambassade américaine à Dakar. « Certains supporters ne pourront pas assumer le montant de cette caution, en plus des autres dépenses, comme le voyage, l’hébergement, la nourriture, les transports sur place et les tickets de matchs, déplore Yacine Idriss Diallo, le président de la Fédération ivoirienne de football. Cette disposition rend les choses plus compliquées. »

Les États-Unis ont néanmoins assoupli leur position pour les supporters venant des pays qualifiés. Il faudra toutefois qu’ils soient en possession de billets valides et qu’ils soient inscrits sur le système Fifa Pass, qui permet d’accélérer la demande de traitement de leur visa. Environ 14 000 personnes ont déjà eu recours à ce système.

En revanche, cela ne changera pas grand-chose pour les supporters sénégalais et ivoiriens, lesquels figurent depuis décembre 2025 sur une liste de pays faisant l’objet de restrictions partielles d’entrée aux États-Unis. Ceux qui n’avaient pas de visa avant cette date ne pourront pas se rendre aux États-Unis pour assister aux matchs de leurs équipes.

 

 

 

 

Source : Jeune Afrique

 

 

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