Complexité versus simplicité

Une chose simple peut être complexe, et inversement. La perception de la complexité et de la simplicité dépend des sujets, de notre capacité de compréhension et d’analyse. Lorsque le prophète Muhammad (PsL) utilisait la fourmi, une pierre, les traces d’une fourmi et l’obscurité pour décrire certains vécus, ce n’était pas pour impressionner ses compagnons ou se faire remarquer, mais pour les faire réfléchir et les inviter à trouver les solutions par eux-mêmes. Lorsque Imam Junaid (rta) parlait du «sang de Dieu», ce n’était ni pour choquer, ni pour divertir, encore moins pour amuser la galerie des savants de son temps. C’était une manière de faire réfléchir autrement à travers ses retours d’expérience. Lorsque Cheikh Ahmad al-Tijani (rta), au milieu des savants de l’université Al Quaraouiyine, comparait la dimension spirituelle de ses disciples initiés à celle des non-initiés en utilisant l’œuf, la coquille et le poussin, ce n’était pas pour sous-estimer les autres ou se vanter, mais pour transmettre une pédagogie différente. Lorsque Cheikh Ibrahim Niasse (rta) parlait du spermatozoïde, des cadavres et de leurs différentes odeurs, ce n’était pas pour insulter le reste de la société. C’était une invitation à l’humilité à travers le principe de l’état d’être, et non une volonté de compliquer ses enseignements. Nous pouvons citer de nombreux exemples de savants soufis utilisant des méthodes pédagogiques qui peuvent paraître compliquées, simples ou complexes selon les perceptions. Par conséquent, être un véritable Mukallaf, c’est éviter de spéculer ou de coller des étiquettes sans maîtriser le fond de pensée de certains savants, disciples, etc. Être Mukallaf, c’est oser innover, avoir un style d’écriture et une méthode assumée. Lorsque «Mabel» utilise des métaphores et des aphorismes pour nous demander de nous détacher de nos manteaux de «jarnoisme», de «torodisme», de «galomboisme», entre autres «hijabs», ce n’est ni pour sous-estimer, ni pour insulter, ni pour compliquer les choses, mais pour inviter à réfléchir autrement, sans donner des réponses toutes faites. Être Mukallaf, c’est refuser de faire semblant de comprendre sans rien saisir. Comme le disait l’autre : «La moitié du savoir, c’est d’être honnête avec soi-même lorsqu’il y a une discipline qui se trouve dans nos angles morts.» La science gnostique est une connaissance qui s’acquiert par l’initiation et par l’expérience individuelle et non dans les temples classiques du savoir. Enfin, le savoir est le seul guide qui refuse d’avoir une filiation familiale. Il réside là où nous le cultivons. Être un véritable Mukallaf, c’est enfin mettre tout en place pour retrouver notre néant au concert de la sociabilité en étant nu devant ses semblables. Ne pas voir ce comportement, c’est passer à côté de l’état d’esprit de la véritable modestie et de l’humilité.

@Yoo Alla

Faabo Abdou GUISSÉ

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