CAN 2025 : à l’origine de la victoire sur tapis vert du Maroc, une poignée de juristes réunis sur Zoom

Une réunion à distance, tenue sur la plateforme de visioconférence, mardi 17 mars, a permis aux membres du jury d’appel de la Confédération africaine de football de prononcer leur décision. Les dirigeants sénégalais ont réclamé, mercredi, l’ouverture d’une enquête.

Le Monde – Le Sénégal a perdu sa deuxième étoile : sa victoire arrachée au Maroc (1-0) en finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le 18 janvier à Rabat, a été effacée des tableaux de résultats. Deux mois après ce match chaotique, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé, mardi 17 mars, de déclarer « forfait » les Lions de la Teranga et d’accorder à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert.

Dans la matinée, une partie de ce jury, composé de neuf membres et présidé depuis 2023 par la magistrate nigériane Roli Daibo Harriman, s’est réunie à distance sur la plateforme de visioconférence Zoom, pour se pencher sur le recours déposé par le Maroc. « Le jury siège comme un tribunal, explique au Monde un des membres de l’instance, absent de la réunion et souhaitant rester anonyme. C’est une juridiction qui recoupe les informations, les éléments de preuve et interprète les règlements. »

Originaires des quatre coins du continent – Cap-Vert, Comores, Djibouti, Malawi, Mauritanie, Namibie, République démocratique du Congo, Togo et Tunisie –, les jurés sont des consultants rémunérés. Professionnels du droit avec des profils variés (avocats, anciens magistrats, juristes), ils ne sont pas nécessairement spécialisés en droit du sport et n’ont pas de lien avec le monde du football, à l’exception de Moez Nasri, avocat et président de la Fédération tunisienne.

Le jury d’appel a-t-il pu être influencé par le Maroc, dont le poids au sein de la CAF n’a cessé de grandir depuis que le pays a réintégré le comité exécutif de l’organisation, en 2017 ? C’est ce que semblent penser les dirigeants sénégalais, qui ont réclamé, mercredi, l’ouverture d’une enquête internationale pour « soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ». Ils comptent également saisir le Tribunal arbitral du sport pour contester la décision.

Onde de choc

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a riposté le jour même dans une allocution vidéo, en louant l’« indépendance » des instances disciplinaires de l’organisation. « Aucun pays africain ne bénéficiera d’un traitement plus préférentiel, plus avantageux ou plus favorable qu’un autre », a-t-il assuré.

« Le Maroc n’avait pas accepté les premières sanctions prononcées onze jours après la finale par le jury disciplinaire, abonde un président de fédération, ayant requis l’anonymat. Il voulait gagner la CAN et, comme ses joueurs n’ont pas réussi à le faire sur le terrain, il l’a fait dans les bureaux, en montant un gros dossier. On peut comprendre ses arguments, mais l’arbitre n’a pas arrêté le match. Il a repris après dix minutes d’interruption, avec les deux équipes sur le terrain. »

Aucun des membres du comité exécutif de la CAF interrogés par Le Monde n’a été informé de la tenue de l’audience, mardi. Une procédure normale, selon l’un d’eux. « Le jury est une instance indépendante qui a son propre agenda, argue-t-il. Le Maroc a eu le droit à un recours. Nos règlements permettent ce type de décision. Si nous sommes aujourd’hui dans ce foutoir, c’est à cause de la faiblesse de l’arbitrage de la finale de la CAN. C’est regrettable que cela se produise à ce moment-là, sous les yeux du monde. »

 

 

 

 

 

Source : Le Monde 

 

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile