Deutsche Welle – Les militaires au pouvoir au Burkina Faso veulent dissoudre les partis politiques. L’annonce en a été faite par le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité après une réunion du Conseil des ministres. Émile Zerbo justifie cette idée par l’échec, selon lui, du système partisan, incarné par le nombre important de partis politiques.
« Les partis et formations politiques en pléthore se sont avérés en total déphasage continu avec les aspirations réelles du peuple et les enjeux stratégiques, notamment sécuritaires. Cette faillite a favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créée un développement déséquilibré du territoire », argumente-t-il.
Émile Zerboa également annoncé qu’un projet de loi, visant à dissoudre les partis, sera bientôt soumis à l’Assemblée législative de transition pour adoption.
»Un alibi » des militaires
L’annonce de ce projet de dissolution des partis politiques n’a pas fait réagir au Burkina Faso. Car, depuis leur arrivée au pouvoir par un putsch, les militaires ont verrouillé l’espace politique avec des entraves à la liberté d’expression. Ce qui rend difficile des prises de position contraires à leur ligne.
Cependant, Moussa Diaw, professeur émérite de sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, au Sénégal, regrette cette décision des militaires, même s’il avoue ne pas être surpris.
Selon lui, « les régimes d’exception n’acceptent pas la contradiction, ne tolèrent pas que les formations politiques puissent dérouler leur programme. Ce n’est pas seulement le cas du Burkina Faso, mais aussi de tous les autres pays qui sont dirigés par des régimes militaires. Le Mali et le Niger sont dans les mêmes logiques. C’est un alibi ».
Des modifications nécessaires
Le spécialiste des relations internationales reconnaît toutefois que la pléthore des partis politiques constitue une entrave pour le bon fonctionnement des systèmes politiques, dans la plupart des pays africains. C’est pourquoi, il milite pour une régulation de leur fonctionnement pour plus d’efficacité. Mais, bien entendu, il ne milite pas pour leur interdiction.
Les activités des partis politiques étaient suspendues depuis le coup d’État du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois, ayant porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré.
Journaliste au programme francophone de la Deutsche Welle
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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