« Barça walla barsakh » : deux morts dans une traversée avortée entre Dionewar et la Mauritanie

Dakaractu – Le rêve d’exil s’est une nouvelle fois fracassé contre la dure réalité de l’Atlantique. Une pirogue partie de Dionewar, dans la région de Fatick, avec à son bord des dizaines de candidats à l’émigration irrégulière, a été interceptée en Mauritanie après plusieurs jours d’errance en mer. Selon les révélations de Libération, ce voyage clandestin, motivé par le tristement célèbre slogan « Barça walla barsakh » (Barcelone ou la mort), a coûté la vie à deux migrants, dont l’identité reste à ce stade inconnue.

D’après Libération, le commissaire spécial de Rosso a mis à la disposition du chef de l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Rosso un total de 70 migrants, tous de nationalité sénégalaise, parmi lesquels cinq femmes. Ces derniers ont été interceptés par une patrouille de la Marine nationale mauritanienne, puis conduits à Nouadhibou pour les besoins de l’enquête.

Auditionnés sommairement, les migrants ont tous livré la même version des faits. Ils affirment avoir quitté Dionewar dans la nuit du 21 décembre 2025, à bord d’une pirogue de fortune, avec pour destination finale l’archipel des îles Canaries. Mais après quatre jours passés en haute mer, confrontés à un froid glacial et à des conditions de navigation extrêmement difficiles, l’embarcation a été contrainte de rebrousser chemin.

C’est au cours de ce retour forcé que la pirogue a été repérée puis interceptée par la marine mauritanienne dans les eaux relevant de sa juridiction. Selon Libération, les témoignages concordants des migrants font état de deux décès survenus durant la traversée, sans que l’on puisse pour l’instant établir l’identité des victimes ni les circonstances exactes de leur mort. Un drame de plus sur la route migratoire, souvent jalonnée de silences et de corps anonymes.

Les survivants ont également révélé les dessous financiers de cette tentative d’émigration irrégulière. Chacun aurait versé au capitaine de la pirogue et à son complice des sommes comprises entre 400 000 et 600 000 francs CFA pour espérer atteindre l’Europe. Un investissement lourd, souvent financé par des familles entières, désormais endeuillées ou plongées dans l’angoisse.

Plus grave encore, les migrants ont désigné un ambulancier en service dans le district sanitaire de Différ comme étant l’initiateur de ce projet de voyage clandestin avorté, rapporte Libération. Une révélation troublante qui ouvre la voie à de nouvelles investigations, notamment sur l’implication présumée de personnes censées incarner l’aide et la protection des populations.

Source : Dakaractu (Sénégal)

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