Au Sénégal, l’achat de véhicules pour les députés vire à la polémique

El Malick Ndiaye, le président de l’Assemblée nationale, est la cible de critiques en raison du coût de ces véhicules de fonction alors que le pays est confronté à des difficultés économiques.

Jeune Afrique – En pleine crise économique, l’achat de voitures neuves pour les députés passe mal. Et l’annonce, début janvier, de la réception d’un premier lot de véhicules est venue rajouter de l’huile sur le feu.

Cible des critiques : El Malick Ndiaye, responsable du parti au pouvoir et proche du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, élu président de la 15e législature au lendemain de la large victoire du Pastef avec 130 sièges sur 165. Dès son arrivée à la tête du Parlement, il a affiché sa volonté d’acheter des voitures neuves pour les élus. El Malick Ndiaye a dans le même temps mis fin à leur indemnité mensuelle de transports de 900 000 francs CFA (1 370 euros), un système qui avait été mis en place par le régime de l’ex-président Macky Sall (2012-2024).

La polémique divise jusqu’à son propre camp

Cette décision n’a cessé depuis de diviser l’opinion, de nombreuses personnes, y compris des membres de son propre camp, s’interrogeant sur la pertinence d’acheter ces véhicules, alors que le pays connaît des difficultés économiques majeures et que Pastef, qui prône la bonne gouvernance, a été porté au pouvoir sur la promesse de rompre avec l’ancien système.

« La remise de véhicules aux députés a démarré, avec un premier lot. Le président de l’Assemblée nationale, si prompt aux sorties intempestives, reste pourtant très discret sur cette ‘réalisation’ », a dénoncé Thierno Alassane Sall, député de l’opposition, sur les réseaux sociaux. Il nous doit des explications : à quel prix ces véhicules ont-ils été achetés ? Auprès de quel fournisseur ? Selon quelle procédure ? »

« Je ne connais ni la marque ni le prix de la voiture que l’Assemblée nationale s’apprête à mettre à ma disposition », a de son côté affirmé un député de la majorité, Guy Marius Sagna. Selon lui, « les députés n’ont reçu aucune information sur l’achat des véhicules et n’ont pas été consultés ».

Éteindre la polémique

Le président du perchoir a toutefois tenté de mettre fin à la polémique dans une vidéo diffusée début janvier sur les réseaux sociaux, lors de la présentation de ses vœux de Nouvel An aux députés. « 76 voitures ont déjà été réceptionnées. Les autres suivront », a d’abord confirmé El Malick Ndiaye. Selon lui, « il n’y a aucune opacité. Le concessionnaire qui a gagné le marché, le montant du marché, comment le processus s’est passé, tout a été documenté ».

Selon la presse locale, il s’agit de 4×4 Toyota Land Cruiser Prado. L’achat de ces véhicules survient dans un contexte de crise financière aiguë pour le pays. Le Sénégal est confronté à une situation économique préoccupante, avec un déficit budgétaire de près de 14 % du PIB et une dette du secteur public et parapublic estimée provisoirement à 132 % du PIB à fin 2024.

Source : Jeune Afrique avec

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