Au Mali, les coupures de courant perturbent le quotidien

Au Mali, la fourniture d’électricité connaît de graves perturbations. Les délestages s’aggravent, affectant le quotidien des populations et l’économie.

 Deutsche Welle  – A Bamako, certains quartiers de la capitale n’ont désormais plus que trois heures de courant par jour, tandis que d’autres en sont privés plus de 24 heures. Ceci alors que la population est déjà affectée par les coupures depuis plus de trois ans.

Cette détérioration intervient en pleine crise de carburant, à la suite des attaques conduites par les groupes djihadistes contre les camions-citernes, sur la route entre Bamako et Abidjan.

Les Bamakois, habitués à des perturbations cycliques dans la fourniture d’électricité, constatent, depuis la semaine dernière, une aggravation des délestages.

Des taxes mais trop de peu de courant

« On n’a pas d’électricité depuis quelques jours. Depuis avant-hier midi jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas eu d’électricité » témoigne Kadiatou une restauratrice qui subit les conséquences de cette situation. Elle explique que « les clients se fâchent », et qu’elle « n’arrive pas à gérer les commandes » car tout dépend de l’électricité. Selon Kadiatou « ce n’est pas du tout facile ».

Moussa est coursier et il se dit, pour sa part, confus face à cette nouvelle pénurie d’électricité dans le district de Bamako.

« C’est difficile dans notre secteur. On peut faire 24 heures sans électricité dans mon quartier, à Niarela » assure Moussa. Il dit ne pas comprendre le fait qu’on « prélève toujours les taxes téléphoniques, mais on n’a pas d’électricité. À mon entendement, le but de ces prélèvements, c’est pourtant la stabilisation du secteur énergétique.Nous voulons des solutions à cette crise ».

Des approches de solutions

En termes de solutions, le Mali peut s’appuyer sur le solaire, les barrages hydroélectriques ou encore l’énergie thermique. Mais compte tenu de l’urgence de la situation, pour Garaba Diallo, de l’Association des professionnels en électricité du Mali, l’option la plus simple est de trouver : « Un fournisseur extérieur. Le seul fournisseur où nous avons un réseau existant, c’est du côté de la Côte d’Ivoire. Maintenant, il s’agit de revoir le contrat et la bonne forme pour pouvoir l’activer. L’autre chose, c’est de continuer avec l’option thermique. Mais là, il faut du carburant et en permanence aussi ».

En juillet dernier, les taxes téléphoniques ont injecté 24 milliards de francs CFA dans le soutien au secteur de l’énergie. Contactée, la société Énergie du Mali n’a pas répondu à nos questions.

Mahamadou Kane

Source : Deutsche Welle (Allemagne)

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