Au large de la Mauritanie, plus de 1 000 migrants ont été sauvés au cours des dix derniers jours

Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest tentent depuis des années la migration clandestine au départ des côtes de leurs pays en empruntant la dangereuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.

AFP – Plus de mille migrants ont été secourus au large des côtes mauritaniennes en dix jours, signalant une reprise des flux migratoires sur la dangereuse route Atlantique, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès des gardes-côtes mardi 9 juin.

Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine des côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.

« En l’espace de dix jours, 1 076 migrants ont été secourus dans les eaux mauritaniennes, dont 194 pris en charge par la marine nationale lors de l’assistance à une pirogue le 31 mai », a rapporté à l’AFP Ahmed Moulaye, directeur de la lutte contre la migration irrégulière des gardes-côtes mauritanienne. « A ce rythme, les arrivées pourraient atteindre un niveau inédit cette année », poursuit M. Moulaye.

Renforcement des contrôles en mer

Ces départs ont eu lieu quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski (Aïd-el-Kébir), à la fin de mai, après une période d’accalmie de plusieurs mois des sauvetages en mer. Les huit pirogues interceptées venaient de Gambie et du Sénégal voisins, sans que les nationalités de leurs passagers aient été révélées, a précisé à l’AFP Pierre Beziz, diplomate européen en poste à Nouakchott, la capitale.

Tous les migrants ont été accueillis dans de nouveaux centres d’accueil temporaires pour étrangers (CATE), à Nouakchott et Nouadhibou (Nord-Ouest), financés par l’Union européenne, où ils ont été enregistrés pour déterminer s’ils sont vulnérables ou éligibles à la protection internationale. « Dans le même temps, il y a eu zéro arrivée aux Canaries, alors qu’on s’attendait à ce qu’il y ait une quantité égale qui y arrive », a insisté Pierre Beziz.

Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a conduit les départs des pirogues clandestines vers les Canaries à se déplacer vers le sud, notamment au départ des côtes de Gambie et de Guinée Conakry, rallongeant le temps passé en mer et augmentant les dangers.

A la recherche d’un avenir meilleur et au péril de leur vie, nombre d’exilés africains sont forcés d’emprunter la voie clandestine, l’Europe ayant drastiquement restreint la délivrance des visas et contrôlant de plus en plus ses frontières. Des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années.

 

 

Source : Le Monde avec AFP

 

 

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