Au Sénégal, les députés débattent de la révision de la loi d’amnistie dans une ambiance surchauffée

Le champ d’application de cette loi sera restreint « aux seules infractions qui répondent à une motivation politique ». Les meurtres, assassinats, actes de torture et de barbarie ou encore les disparitions forcées en sont en revanche exclus.

AFP – Les députés sénégalais ont commencé mercredi 2 avril l’examen de la révision de la loi d’amnistie couvrant les violences politiques meurtrières entre 2021 et 2024, portée par le parti au pouvoir, mais critiquée par l’opposition et la société civile, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).

Cette loi d’amnistie avait été adoptée en mars 2024, dans les dernières semaines de la présidence de Macky Sall (2012-2024), afin d’apaiser les années de tensions politiques qui ont culminé à l’approche de l’élection présidentielle de mars 2024.

Le régime du président élu, Bassirou Diomaye Faye, vainqueur de ce scrutin, avait promis d’abroger cette loi « pour que toute la lumière soit faite et les responsabilités établies de quelque bord qu’elles se situent », selon les mots du premier ministre, Ousmane Sonko, en décembre devant les députés.

Mais c’est finalement « une proposition de loi interprétative » modifiant ce texte, portée par un député du parti au pouvoir, le Pastef, qui est examiné à l’Assemblée nationale, où cette formation a une majorité absolue.

Les débats, retransmis sur la télévision publique, ont débuté autour de 10 heures (GMT et locales) au siège de l’Assemblée nationale à Dakar, dans une ambiance surchauffée. La sécurité y a été renforcée avec le déploiement de nombreux policiers devant le bâtiment, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Au moins 65 personnes ont été tuées

« Les obligations internationales du Sénégal imposent au législateur de circonscrire le champ d’application de la loi en la restreignant aux seules infractions qui répondent à une motivation politique ou celles commises en lien avec l’exercice d’un droit démocratique », dit le texte soumis aux députés. Les meurtres, assassinats, actes de torture et de barbarie ou encore les disparitions forcées sont en revanche exclus du champ d’application de la loi.

L’opposition accuse le parti au pouvoir de vouloir ainsi protéger ses militants qui avaient manifesté, parfois de manière violente, contre le pouvoir de Macky Sall avant l’alternance de 2024, et en même temps de cibler des responsables et membres des forces de l’ordre soupçonnés d’abus contre ces mêmes militants.

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Source : Le Monde avec AFP

 

 

 

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