Mauritanie – Dialogue politique : Quelles garanties pour l’opposition ?

Le CalameAu lendemain de l’annonce, par le président de la République, du démarrage imminent du processus de dialogue politique, les acteurs de l’opposition qui se cherchaient une nouvelle stratégie unitaire ont émis le souhait de voir le président de la République offrir de véritables garanties sur un certain nombre de points.

Il s’agit d’abord de donner un caractère solennel à l’évènement, avec une déclaration officielle du pouvoir précisant que celui-ci est bel et bien le demandeur de dialogue. Sur ce point, on ne sait pas grand-chose pour le moment, sinon que c’est effectivement le président Ghazouani qui en a exprimé l’idée, jusqu’à même en faire un engagement électoral lors de la dernière présidentielle. Même si l’opposition peut répéter qu’elle a toujours exigé un dialogue pour régler un certain nombre de problèmes du pays, personne n’a forcé la main à la direction de la République pour convoquer le prochain.

Le pouvoir risque donc fort d’en dicter le format, voire imposer le nombre de participants. Il clame que le dialogue sera inclusif mais, là aussi, plusieurs partis et mouvements non reconnus restent pessimistes. Pour éviter de se mettre sur le dos beaucoup de recalés, il a ouvert la liste aux anciens candidats à la présidentielle, un coup génial pour éviter le courroux du président de l’IRA, Biram Dah Abeïd, dont l’absence aux assises pourrait fortement ternir le conclave et lui donner en conséquence un goût d’inachevé. Mais les coalitions de l’opposition en place seront-elles comptées en tant que groupes ou chacun de leurs membres respectifs devra-il montrer patte blanche au ministère de l’Intérieur ? Question à un million MRU.

Pas de recommandations au rabais

Il s’agit ensuite des sujets à traiter. Dieu sait qu’il y a en a beaucoup et qu’il sera impossible de les traiter tous à cette occasion. Les acteurs doivent donc faire preuve de responsabilité en choisissant ceux qui leur paraissent les plus urgents et esquivés depuis trop d’années. Les Mauritaniens ne leur pardonneraient pas de les négliger une nouvelle fois. Ceux-ci ne veulent passer des jours, voire des semaines, à entendre les participants s’égosiller pour ne rien leur apporter au final. Le choix des intervenants doit donc être très rigoureux et sérieux.

L’équipe de Moussa Fall sera très attendue sur ce point précis. L’homme a de l’expérience et saura, librement on l’espère, imposer son tempo. Réussir à débattre de trois à quatre sujets préoccupant véritablement les Mauritaniens et en obtenir des consensus réalisables serait déjà une grande avancée. Rien ne sert de discuter des jours et des jours, dépensant l’argent du contribuable, pour ne sortir, en fin de compte, qu’avec des recommandations au rabais. La majorité présidentielle doit comprendre que le dialogue politique n’a pas pour seul motif de remettre en cause la légitimé du pouvoir, de le déposséder de certains de ses attributs, mais essentiellement de faire avancer le pays vers le progrès. Elle doit donc d’autant plus prêter le flanc à tout changement positif qu’elle sera la première à en tirer profit. Tout compatriote doit mesurer l’enjeu et comprendre qu’on discute de l’avenir de tous les Mauritaniens sans exclusive ; de la Mauritanie toute entière. On ne va pas au dialogue avec des agendas cachés ni pour y faire obstruction ; mais seulement pour contribuer à l’épanouissement de son pays.

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Dalay Lam

 

 

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

 

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