Vu des États-Unis – De Trappes à Lupin, le “formidable charme” d’Omar Sy

Aux États-Unis, les médias américains sont définitivement tombés sous le charme d’Omar Sy. Alors que la suite de Lupin a été mise en ligne sur Netflix, The New Yorker lui consacre un long portrait élogieux.

À l’occasion de la sortie de la deuxième partie de la première saison de Lupin, le 11 juin, The New Yorker dresse un beau portrait de son acteur principal, Omar Sy. Car si le comédien n’arrive en 2020 qu’à la deuxième place du classement des personnalités préférées des Français, “un sondage annuel auquel les Français accordent une importance étonnante”, s’amuse le magazine, Lupin a fait de lui une star internationale, et la série mêle avec brio ses atouts américains et français.

 

À Hollywood, l’anonymat et les castings

 

C’est l’anonymat post-Intouchables et une carrière américaine qu’Omar Sy est parti chercher à Los Angeles. Après une décennie sur la côte Ouest américaine, l’acteur français commence à se faire connaître auprès du public d’outre-Atlantique, au prix de nombreux efforts. “Le pari était risqué sur le plan professionnel. D’autres acteurs – Dany Boon, Jean Dujardin – ont essayé de percer à Hollywood, avec un succès limité”, rappelle le magazine américain.

Ces premiers rôles dans des productions hollywoodiennes, notamment la franchise X-Men, semblent dérisoires comparés à son récent césar. À la première de X-Men : Jours d’un avenir passé, le comédien fait le show avec son humour habituel : “En fait, j’y suis pas”, raconte-t-il aux journalistes après avoir découvert que la plupart de ses scènes ont été coupées au montage.

À Hollywood, Omar Sy a dû se présenter aux castings, ne rien prendre pour acquis et chercher à traduire son jeu d’acteur pour le public états-unien. Il joue alors aux côtés de stars américaines : Tom Hanks pour Inferno, Bradley Cooper pour Burnt, Chris Pratt pour Jurassic World.

C’est comme si Omar Sy avait deux carrières : en France, il est le roi du cinéma, et aux États-Unis, il est le fidèle second rôle.”

En France, de Radio Nova à Intouchables

 

Pendant son enfance à Trappes, qu’il décrit au magazine américain comme douce-amère, les possibilités étaient restreintes, et les discriminations présentes. Au lycée, “il était attiré par l’aéronautique, mais on l’a dirigé vers une filière professionnelle”. Mais loin de la perception manichéenne des banlieues françaises, l’acteur raconte une enfance heureuse : “On passait des heures à jouer au foot sur l’herbe, on allait en forêt chercher des châtaignes et des traces de sanglier.”

Le syndrome de l’imposteur est présent dès ses débuts, car Omar Sy n’avait jamais vraiment envisagé une carrière de comédien. Par hasard, Jamel Debbouze l’invite un jour pour un sketch au micro de Radio Nova, il est rappelé, rencontre Fred Testot, fait ses débuts à Canal + et passe sept ans au Service après-vente des émissions. “Dans leur série de sketchs la plus populaire, ils incarnent des adeptes de soirées échangistes appelant le numéro du service après-vente pour raconter leurs exploits avec force sous-entendus et répétant une phrase devenue culte : ‘Dis donc, tu viens plus aux soirées ?’” retrace le New Yorker.

Au cinéma, les propositions de rôles s’enchaînent, mais la plupart pour des rôles de gangsters ou de jeunes de banlieue. En interview, rapporte l’hebdomadaire américain, il se confie : “Je n’avais pas la moindre envie de jouer pour véhiculer des clichés. Pas plus que je n’ai envie aujourd’hui d’être ‘le Noir à la mode’.” C’était sans compter sur Olivier Nakache et Éric Toledano qui, dès 2009, lui proposent d’écrire un film pour lui. “Je ne suis pas un acteur”, objecte Omar Sy. “On n’est pas des réalisateurs non plus, donc c’est parfait”, lui répondent-ils. Deux ans plus tard, Intouchables est projeté sur les écrans en France.

 

“Lupin”, la touche Omar Sy

 

Aujourd’hui dans Lupin cohabitent les deux Omar Sy. L’Américain des blockbusters et le comédien français.

“Le rôle du gentleman cambrioleur sied à Omar Sy comme un beau pull cachemire”, écrit The New Yorker. Omar Sy a en effet eu son mot à dire sur bien des aspects du scénario. Lupin n’est pas un remake contemporain d’Arsène Lupin, c’est l’histoire d’Assane Diop, un fan du gentleman cambrioleur. “Omar Sy et ses amis – et plus globalement les gens de sa génération – ont été des fans invétérés.” Il est également à l’origine de la course-poursuite sur les toits de Paris, du style vestimentaire de son personnage et de la relation ambiguë à la mère de son enfant. “C’était vraiment un rôle sur mesure.”

Lupin fait également de subtiles références à ses récentes prises de position antiracistes et contre les violences policières. En 2016, Omar Sy apporte son soutien à Assa Traoré. “Parce que ça aurait pu être moi ou un de mes frères”, en 2020, après le meurtre de George Floyd, il publie dans L’Obs une tribune dénonçant les violences policières aux États-Unis et en France.

Au cours de la série, Assane Diop est vu pointant du doigt le racisme latent d’un commissaire de vente aux enchères quand celui-ci lui demande une carte d’identité (il est le seul invité noir de la salle). On le voit également subtiliser un œuf de Fabergé chez la veuve d’un industriel ayant fait fortune au Congo belge, “taclant au passage le passé colonial, sans s’y appesantir”, complète The New Yorker.

Sur son sentiment face au succès fulgurant de la série, il répond au New Yorker : “C’est la meilleure source de confiance en soi qui existe”, un pied de nez mérité au syndrome de l’imposteur qui le suit depuis tant d’années.

The New Yorker – New York

Source : Courrier international

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