L’Apport de Thierno Souleymane à la quête du meilleur vivre ensemble

« La démocratie n’est pas une affaire de gens médiocres » Président Abdou DIOUF

Je cherchais une occasion pour me révolter contre cette imposture Occidentale qui consiste à occulter l’apport des autres peuples sur toutes les problématiques liées à la question et à la quête meilleur ensemble. Cette imposture fait que les intellectuels africains sont contraints pour donner à leurs publications ou à leurs communications un cachet scientifique de citer et de se référer aux philosophes des Lumières.

Ainsi lors d’une Table Ronde sur les Piliers du vivre ensemble et de la bonne gouvernance, je me suis permis de citer et de me référer à la pensée politique de Thierno Souleymane BAL. Certes, nul ne saurait nier l’apport des philosophes des Lumières dans la quête des modes de gestion des affaires de la Cité permettant le meilleur vivre ensemble.

Cependant, il y a lieu de reconnaitre que la quête du meilleur vivre ensemble est une réflexion continue dans toutes les sociétés humaines et plus particulièrement en Afrique à cause du déficit démocratique, de la pauvreté et de la mauvaise gouvernance.

Si les intellectuels africains sont capables de comprendre et d’enseigner Rousseau, Hobbes, Montesquieu et la théorie de l’hégémonie politique de Gramsci, ils se doivent aussi de ressentir l’obligation morale de vulgariser la pensée politique des grandes figues Africaines dont de Thierno Souleymane BAL.

Oser citer et Oser se référer à ses grandes figues africaines est nécessaire pour l’expression et l’affirmation de la fierté culturelle et permettent de parachever la décolonisation de nos mentalités.

La formulation du principe républicain de l’égalité des citoyens ne date pas de la Révolution Française de 1789. Thierno Soulyemane BAL avait décrété la fin des privilèges liés à la naissance et prévenu les tentations et les dérives liées à l’exercice du pouvoir politique en demandant aux Futankobés de ne choisir leurs dirigeants que sur la base des mérites personnels. Il en est ainsi du président comme de l’Imam.

Il s’agit là donc d’une réflexion porteuse de valeurs d’une actuatilité frappante au sein des sociétés et des aspirations des populations Africaines. En effet, Ceerno Sileymaani BAAL décrète et fait du principe républicain de l’égalité des citoyens un leitmotiv qui va déterminer et conditionner la gestion des affaires de la Cité.

Il était conscient que sans l’abolition des tâches consignées et les rôles assignés à la naissance, il n y aurait jamais « une gouvernance vertueuse » pour parler comme le président Macky SALL. Cet appel à la fin des charges héréditaires et de la transmission dynastique du pouvoir reste d’une actualité criante.

Préoccupation prémonitoire ou expression d’une extrême lucidité Thierno Souleymane BAL avait pressenti avant les autres les dangers de la gestion patrimoniale des biens publics. Le pouvoir est devenu un moyen pour s’accaparer des biens et les signes extérieurs de l’enrichissement EXTRÊMEMENT rapide de nos dirigeants sautent aux yeux.

Le non respect de cette exigence et recommandation de Thierno Souleymane BAL peuvent être considérés comme l’une des raisons de la persistance des hiérarchiques traditionnelles au sein du Fouta.

On note une régression éthique au sein des codes éthiques ayant trait à la gestion des biens communs qui se manifeste par le fait que l’on ne condamne plus le vol mais on statue plutôt sur le contenu du vol << ko hammadi>> entendez par la c’est un grand courageux ! Le gout du paraitre et la quête de la respectabilité par l’avoir ont pris une dimension inquiétante.

Partant du principe que nul ne saurait nier l’actualité de la pensée de Thierno Souleymane BAL toute la question est de savoir comment mettre en mouvement cette panoplie de thèmes véhiculés ? Appel au soulèvement, Apologie du culte de l’excellence, de la probité, de la connaissance, légitimation de la révolte et de la désobéissance civile, obligation de rendre compte, obligation de résultat, respect des femmes, vigilance citoyenne et droit de regard.

Il appartient donc aux intellectuels africains selon leur domaine d’investigation de coupler leurs recherches afin de revisiter leur patrimoine culturel sans complaisance et voir en quoi nos traditions hospitalières peuvent éclairer et apporter des solutions aux tensions qui secouent nos sociétés.

 

 

 

Abdoulaye Doro Sow

Facebook – Le 15 octobre 2020

 

 

 

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