Mauritanie : la reconnaissance des FPC et RAG, une ligne rouge des pouvoirs successifs à Nouakchott

Samba Thiam et Biram Ould Abeid  représentent deux figures importantes de l’opposition mauritanienne dont la notoriété dépasse les frontières du pays mais leurs partis les FPC et RAG IRA-Mauritanie attendent leurs récépissés depuis 2014.

Secret de polichinelle. Samba Thiam ancien président des FLAM le premier mouvement de libération africaine de Mauritanie créé en 83 devenu les FPC en 2014 suite au congrès de mutation de Nouakchott, est rentré au bercail après 23 années d’exil aux Etats-Unis. Il est l’incarnation d’un parti contre le système à caractère raciste.

Et en 2008 quand Biram Ould Abeid créa son ONG IRA il ne se doutait pas que le combat contre l’injustice sera long avant que toute sa communauté Haratine se débarrasse définitivement des chaînes de l’esclavage des séquelles encore visibles aujourd’hui mais la lutte anti-esclavagiste a fait des avancées considérables dont il est en grande partie le fer de lance.

Deux leaders mauritaniens liés par le même combat contre un système qui veut les marginaliser et dominé à l’intérieur par des chauvins maures qui prônent l’arabité de la Mauritanie rejetant sa partie négro-africaine et Haratine.

Difficile pour les mauritaniens de voir ces deux chefs charismatiques impliqués dans tous les débats sensibles de la question nationale ou mal cohabitation entre les différentes composantes nationales de ces dernières années toujours diabolisés par les régimes qui se sont succédés à Nouakchott de Ould Taya à Ould Ghazouani se bornant à ne pas franchir la ligne rouge la reconnaissance des combats qu’ils mènent. Ould Taya a mis en prison tous les dirigeants des FLAM auteurs d’un manifeste du négro-mauritanien opprimé en 86. Et 4 combattants de la liberté parmi eux trouveront la mort à Oualata.

Les militants anti-esclavagistes ne seront pas non plus épargnés jusqu’au coup d’Etat du général Ould Aziz en 2008 date de création de l’IRA. C’est durant le règne de ce dernier que le président de l’IRA Ould Abeid sera arrêté plusieurs fois avant d’être libéré mais à chaque fois sous la pression de la communauté internationale et des ONG nationales des droits de l’homme et de l’opposition.

Ses prix internationaux font de lui un opposant farouche au pouvoir et un combattant de la liberté. Candidat malheureux trois fois aux présidentielles le leader haratine est toujours bien classé second après le vainqueur.Il devient ainsi une personnalité politique crédible qui rêve que le parti RAG soit reconnu tout comme Samba Thiam pour les FPC qui bénéficie d’un soutien inconditionnel de ses compatriotes qui viennent de lui décerner le premier prix de reconnaissance qu’il partage avec son ancien compagnon de cellule le président de l’AJD-MR Ibrahima Sarr. La première année du quinquennat de Ould Ghazouani considérée comme un test semble maintenir la ligne rouge malgré les intentions d’ouverture qui ne concernent que l’opposition officielle qui s’est prononcée cette fin de semaine en faveur de la reconnaissance de ces deux partis.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya.com le 05 août 2020

 

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