CEP Mauritanie : des questions troublantes sur la gouvernance de Ould Aziz

Au lendemain de la fin de non- recevoir de la convocation de l’ancien président mauritanien Ould Aziz par la commission d’enquête parlementaire les observateurs ont entre les mains plus de 200 questions les plus pertinentes et les plus troublantes sur la dernière décennie.

Du blanchiment d’argent au foncier en passant par les accords de marché de gré à gré qui touchent presque tous les secteurs économiques. De quoi alimenter des polémiques sur la mal gouvernance du président mauritanien qui s’est très tôt autoproclamé président des pauvres avant d’instaurer un système de pillage des ressources naturelles du pays qu’il va partager avec sa famille et d’autres proches des caciques de son régime de 2009 à 2019.

Ce nouveau feuilleton questionnaire qui intervient après son refus de se présenter à la barre de la commission d’enquête parlementaire éclaire l’opinion sur les vérités d’une des gouvernances les plus corrompues en Mauritanie depuis les indépendances en 60. En une décennie Ould Aziz a ruiné le pays en tissant une toile de cupides qui agissaient dans la proximité immédiate de la présidence à commencer par sa propre famille qui détient aujourd’hui des actifs immobiliers avec des sommes colossales inimaginables dans un pays où plus de la majorité de la population vit au- dessous du seuil de la pauvreté.

La corruption passait par des sociétés fictives bénéficiant de terrains de plus d’un million et demi de mètres carrés au cours des années 2017 et 2019. Derrière le père les fils ont profité de l’argent douteux pour s’enrichir à partir de marchés de gré à gré de l’énergie contribuant ainsi à la faillite des grandes sociétés d’Etat comme la SOMELEC qui a récemment révélé sur la place publique l’utilisation frauduleuse de l’électricité dans toutes les propriétés de l’ancien président. La SONIMEX pour contrôler le marché et l’aide alimentaire à travers son commissariat.

Pratiquement tous les marchés publics n’ont pas été épargnés du quai des conteneurs au port de Nouakchott en passant par faits anodins l’éclairage de la présidence à de grosses affaires comme le nouvel aéroport de Nouakchott Oumtounsy ou sa villa privée dont les seuls travaux sont estimés à plus de 200 millions d’ouguiya. La fondation SNIM citée dans ce scandale a réalisé plus de 800 milliards d’ouguiya. Un chiffre qui donne le tournis et qui explique mal la mauvaise santé financière du fleuron de l’industrie mauritanienne ces dernières années.

Un véritable réquisitoire pour les représentants du peuple qui ont entre les mains suffisamment de preuves de la mal gouvernance de Ould Aziz et de quoi boucler leurs investigations avant la fin de la session parlementaire.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya.com le 11 juillet  2020)

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