Vu des États-Unis – À Paris, les amoureux confinés pour le meilleur et pour le pire

Occasion de se retrouver pour certains, semeur de zizanie pour d’autres, le confinement met tous les couples à l’épreuve. Le Wall Street Journal a recueilli les témoignages de Parisiens en quarantaine avec leur conjoint.

Faiza Farah se remémore avec émotion son arrivée à Paris. Quitter sa Californie natale pour épouser un Français et s’installer avec lui dans la ville de l’amour, “c’était comme vivre un rêve éveillé”, raconte-t-elle au Wall Street Journal.

Aujourd’hui, Paris est confinée, et Faiza Farah enfermée avec son mari et leur fils de 11 mois dans leur appartement de 37 m2. “Quand j’ai appris la nouvelle, je me suis dit : ‘On va s’entre-tuer’”, rapporte-t-elle au quotidien économique américain.

La ville aux décors romantiques, où les couples se promènent le long de la Seine et se demandent en mariage devant la tour Eiffel, a mis les amoureux sous clé. Qu’ils soient mariés depuis des années ou vivant pour la première fois sous le même toit, le confinement va mettre tous les couples à l’épreuve.

“Je dis souvent à mon mari pour plaisanter que l’on pourrait assister à une nouvelle vague de naissances ou à un pic de divorces”, raconte Mme Farah.

Seize heures pour se décider

 

Pour les couples déjà installés, et notamment ceux avec enfants, le problème du partage des tâches domestiques est accentué par une proximité ininterrompue. Beaucoup voient leur nid familial sous un nouveau jour : “Les appartements parisiens des arrondissements historiques sont peut-être plein de charme, mais ils sont surtout trop petits”, se moque le Wall Street Journal.

C’est aussi un test pour les couples nouvellement formés ou qui n’avaient jamais expérimenté la vie à deux. Entre l’annonce du confinement et les premières amendes pour déplacement sans attestation, ceux-là n’ont eu que “seize heures pour évaluer l’état de leur relation” et décider de s’isoler ensemble.

Pour Catherine Down, c’est un soulagement de ne pas avoir à traverser cette épreuve toute seule, même si l’idée de partager son petit studio l’a d’abord angoissée. En couple avec un Français depuis près d’un an, c’est la première fois que cette Américaine de 33 ans vit avec un conjoint. “Je n’ai pas l’habitude d’être en compagnie de quelqu’un vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept”, reconnaît cette chroniqueuse culinaire.

Pour l’heure, l’isolement à l’improviste semble leur réussir : ils ont ouvert une bouteille de champagne pour fêter leur emménagement ensemble et en gardent une au frais pour célébrer la fin du confinement.

Un calme à double tranchant

 

D’autres supportent moins bien cette promiscuité et “commencent déjà à voir les murs se refermer sur eux”, note le quotidien américain, qui a recueilli le témoignage d’Hugo, 26 ans. Quand l’annonce du confinement est tombée, la jeune femme avec qui il entretient une relation depuis quelques mois était chez lui. Elle a décidé de s’y installer. Après quelques jours, un “silence inconfortable” est apparu. “On apprend à s’ennuyer ensemble, raconte Hugo. Je m’inquiète beaucoup pour notre relation.”

Quant à Mme Farah et sa famille, ils s’acclimatent doucement à leur nouveau quotidien. Le couple s’est partagé les tâches domestiques pour pouvoir continuer à travailler. Ils ont poussé la table basse pour libérer de la place pour le bébé. Et après l’avoir couché, vers 19 heures, Faiza Farah et son mari prennent le temps de discuter, de cuisiner et de profiter de ce calme imposé. “À certains égards, c’est une bénédiction de pouvoir passer tout ce temps ensemble”, remarque-t-elle.

 

The Wall Street Journal – New York

 

 

Source : Courrier international

 

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