Passif humanitaire : Le ministère des finances prétexte le COVID-19 pour bloquer le dossier des employés victimes des évènements de 1989

Les ex-employés de l’Union des Banques de Développement (UBD) et de la société mauritanienne des industries du Sucre (SOMIS), victimes des évènements de 1989, ne sont toujours pas au bout de leur peine. 31 ans après leur licenciement abusif intervenu lors des douloureux évènements de 1989, ils continuent à courir pour se faire rétablir dans leurs droits spoliés. 31 ans aujourd’hui, c’est le COVID 19 que brandissent les fonctionnaires du ministère des finances pour refuser d’exécuter les instructions du gouvernement, indique leur délégué.

En effet, dans le cadre du règlement du dossier du passif humanitaire, le gouvernement avait édicté la circulaire N° 00019/13, suite à une communication conjointe en conseil des ministres en date du 20 septembre 2012. Elle concernait 16 établissements.

Adressée aux ministères de la fonction publique, de l’emploi et de la modernisation de l’administration, de l’intérieur et des finances, cette circulaire avait pour objectif de régulariser la situation administrative de certains fonctionnaires et agents de l’Etat, il leur était demandé de l’élargir aux fonctionnaires affiliés aux établissements publics et sociétés d’Etat victimes des évènements de 1989. Concrètement, il s’agit de régler les questions d’indemnisation, de réintégration, de régularisation de la situation statutaire et de droit à la retraite, selon les cas.

Et depuis lors, si certains ont vu leur situation régularisée, ceux de l’UBD et de la SOMIS, soit 23 personnes continuent toujours à arpenter les couloirs des ministères et directions, à taper les portes pour trouver une oreille attentive. Leurs dossiers sont bloqués par le ministère. Après l’envoi desdits dossiers par le ministère de la fonction publique pour régularisation, son collègue des finances traine les pieds pour ne pas dire refuse tout simplement de régler le volet indemnisation des personnes concernées. Pire, selon un de leurs délégués, les services de ce département en possession du dossier déjà ficelé prétextent aujourd’hui le COVID-19 pour se débarrasser des intéressés.

‘’A chaque fois qu’on se présente devant leurs bureaux, ils nous envoient à la figure qu’en cette période, tout est arrêté’’, renseigne le délégué qui se hâte de rappeler que le COVID -19 est en train de leur rappeler les douloureux évènements de 1989, source de leur malheur depuis lors. Alors pourquoi ces messieurs montent-ils alors à leurs bureaux? Pour certainement d’autres dossiers plus importants et plus juteux alors que des pères et des mères de famille galèrent injustement, depuis 31 ans? Aussi, à en croire certaines confidences, le ministère trouverait trop élevé le montant fixé pourtant fixé par ses services au profit de ces victimes pour le bloquer.

La question que les intéressés se posent, et avec eux toutes les personnes éprises de justice est de savoir comment, dans une République qui se respecte, des ministres peuvent refuser d’exécuter des instructions de leur gouvernement, donc du président de la République, de répondre aux correspondances de leurs collègues, membres du gouvernement et des institutions de la République.

Les 3 ministres de la fonction publique passés par ce département ont tous eu à adresser des lettres au département des finances dans ce cadre là. Sans suite, le dossier dort toujours dans les tiroirs de ce ministère. La récente circulaire du premier ministre Ismael Ould Cheikh Sidya, fin janvier passé, demandant à ses ministres de régler tous les dossiers pendant devant leur département et de le tenir informé régulièrement, n’a pas été exécuté du côté de ce département des finances. Dans cette circulaire, le PM appelle aux respects rigoureux et strict de l’égalité et de la justice. Il a exhorté les ministres à accorder une attention particulière aux plaintes adressées à leur département, depuis leur étude jusqu’à la prise de mesures appropriées visant à rendre justice aux plaignants. Deux mois après, est-ce que le PM a procédé à une petite évaluation de cette circulaire ?

Saisi par les intéressés, le Haut Conseil de la Fatwa et des recours gracieux n’a ménagé aucun effort pour l’exécution des instructions et accords convenus entre les différents départements et les intéressés. Dans ce cadre, il a dressé plusieurs correspondances aussi bien au ministère de la Fonction publique qu’à celui des finances pour leur demander de trouver la solution de ce problème. En vain ! Ce qui fait dire aux intéressés qu’il n’y a pas de volonté politique réelle de régler leur problème.

 

 

Source : Le Calame

 

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