Mauritanie : la CVE dénonce l’exclusion des Noirs et appelle à une marche en avril

La Coalition vivre ensemble (CVE) vient de dénoncer la dérive de l’exclusion des communautés noires mauritaniennes, qui prend de plus en plus de l’ampleur. La CVE appelle à une marche, en avril prochain, contre l’exclusion.

 

Les régimes se succèdent et, malheureusement, se ressemblent pour les communautés noires mauritaniennes, qu’il s’agisse des négro-mauritaniens (communautés non arabes de la Mauritanie composées de Peuls, Soninkés et Wolofs) ou des haratines,

Les recrutements au sein de l’administration publique, des différents corps des forces armées, les admissions au sein des écoles d’excellence et militaires presque réservées à une seule communauté, l’enrôlement discriminatoire,.., sont autant de facteurs d’exclusion que ces communautés ne cessent de dénoncer au cours de ces dernières années.

Une situation d’exclusion qui s’est fortement renforcée durant la dernière décennie de la présidence de Mohamed ould Abdel Aziz et qui, malheureusement, ne semble point connaître de fléchissement.


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Du coup, les dénonciations de l’exclusion de ces communautés deviennent récurrentes. Nouvelle illustration ce jeudi, avec un communiqué de la Coalition Vivre Ensemble (CVE, mouvance négro-africaine), qui a  soutenu la candidature de Kane Hamidou Baba à l’élection présidentielle mauritanienne du 18 juin 2019, alertant  contre la multiplication des signaux et mesures d’exclusion visant les ressortissants de la vallée du fleuve.

La coalition parle «de facteurs de ressentiment d’exclusion et de rabaissement au statut de citoyens de seconde zone, qui se multiplient à l’encontre d’une certaine catégorie des Mauritaniens. En effet, à peine enterrée l’affaire du recrutement d’une centaine d’officiers de l’armée, tous issus de la même ethnie, une autre pointe le nez du côté des douanes, donnant l’impression que dans les corps constitués, existerait une loi voulant qu’au père succèdent les fils, comme si ces corps étaient une chasse gardée ou un héritage».


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La déclaration rappelle également «les mauvais relents» dégagés par l’épisode récent de la polémique sur l’usage du français à l’Assemblée nationale qui se sont à peine dissipés, et voilà qu’une autre affaire de recrutement de personnes de la même ethnie vient au-devant de la scène: la société British Petroleum (BP) accordant des bourses à des étudiants tous issus d’une même composante nationale».

BP est associée à Kosmos Energy pour l’exploitation du gaz du gisement transfrontalier offshore Grand Tortue/Ahmeyim (GTA), commun à la Mauritanie et au Sénégal, prévue à partir de 2022.

Les jeunes bénéficiaires de ces bourses seront envoyés pour une période de 4 ans en France, au Maroc et en Tunisie.

La déclaration rappelle également que toutes les grandes institutions du pays «Présidence de la République, Assemblée nationale, primature… sont dirigées par des individus issus de la même composante ethnique. Ce qui constitue «une rupture du semblant de consensus qui a prévalu jusque-là».


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A signaler que l’affaire de BP enflamme actuellement  les réseaux sociaux, dont de nombreux utilisateurs estiment qu’elle donne un avant-goût de ce que sera la répartition des revenus qui seront tirés de ces nouvelles richesses. Beaucoup se demandent sur quelle base ces jeunes ont-ils été choisis?

Face à la gravité et à l’ampleur de l’exclusion, la CVE annonce qu’elle organisera une marche contre l’exclusion en avril prochain. Une marche qui viendra s’ajouter à celle organisée par les haratines depuis quelques années pour dénoncer l’esclavage et l’exclusion de leur communauté.

Cheikh Sidya

Correspondant à Nouakchott

Source : Le 360.ma (Maroc)

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