Un soldat thaïlandais a fait un massacre avant d’être abattu

Une fusillade a eu pour cadre un centre commercial dans le nord-est de la Thaïlande. Elle a fait 26 morts. L’auteur, un militaire, a été tué par la police.

La tuerie perpétrée par un soldat dans le nord-est de la Thaïlande a fait 27 morts, dont l’assaillant, a annoncé dimanche le Premier ministre, affirmant que les motivations du tueur étaient d’ordre «personnel» et que l’événement était «sans précédent» dans le pays.

Après une nuit entière émaillée d’échanges de tirs nourris, et d’images de foule s’échappant du centre commercial théâtre d’un carnage, les troupes d’élite ont abattu l’assaillant au petit matin, mettant fin à un périple sanglant de 17 heures qui a tenu le pays en haleine.

Vingt-six personnes, dont des civils – le plus jeune étant un garçon de 13 ans – et des membres des forces de l’ordre, ont été tuées par le soldat, a déclaré le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha.

Un «problème personnel» lié à la vente d’une maison

 

Ancien numéro 1 de l’armée, le premier ministre a mis en cause un «problème personnel» lié à la vente d’une maison pour expliquer la dérive du militaire.

L’assaillant, Jakrapanth Thomma, un jeune adjudant-chef, a utilisé une mitrailleuse M60, un fusil d’assaut et des munitions qu’il a dérobés sur sa base militaire, l’une des plus importantes de Thaïlande, et s’est emparé d’un véhicule militaire.

Le centre commercial. Lauren DeCicca/Getty Images

 

Selon le premier ministre, la sécurité sur l’arsenal de la base a été renforcée. «Ce n’était pas une négligence. Nous ne laissons pas sans surveillance le dépôt d’arsenal – nous avions des gens qui le gardaient», a-t-il dit.

La plupart des 26 victimes ont été tuées dans et autour du centre commercial. Pendant la nuit, des échanges de tirs nourris ont été entendus et des personnes ont été évacuées du bâtiment par petits groupes. Au cours du raid, un policier a été tué.

Des témoins racontent

 

Plusieurs évacués ont raconté comment une journée ordinaire de shopping le samedi dans un centre commercial animé a basculé dans l’horreur. «C’était comme dans un rêve. Je suis heureuse d’être en vie», a déclaré Sottiyanee Unchalee, 48 ans, précisant qu’elle s’était cachée dans les toilettes en entendant les coups de feu.

Un enseignant philippin, Aldrin Baliquing, a raconté à l’AFP qu’il avait été mis à l’abri dans une arrière-boutique par des employés au début de la fusillade. «On est restés là pendant six longues heures. Je suis encore sous le choc», a t-il déclaré.

Des dizaines de personnes tentaient de fuir alors que la police et des soldats masqués et armés de fusils d’assaut prenaient le contrôle du rez-de-chaussée après une fusillade et procédaient à l’évacuation du bâtiment par petits groupes.

Des policiers et des membres du personnel de santé se rendent vers lieu de la fusillade, 9 février 2020. Lauren DeCicca/Getty Images

 

Malgré les premiers éléments fournis par le premier ministre, les motivations exactes de l’assaillant restent floues, tandis que Korat, une ville paisible de taille moyenne, prenait conscience de l’ampleur des atrocités.

Début samedi après-midi

 

La tuerie a commencé samedi en fin d’après-midi à Nakhon Ratchasima sur une base militaire, où trois personnes ont trouvé la mort, d’abord au domicile d’un officier puis dans la caserne où le soldat a dérobé des armes et un véhicule militaire pour se rendre dans le centre-ville.

Là, le meurtrier s’est introduit dans le centre commercial et a ouvert le feu au hasard provoquant un carnage. Il a posté des vidéos et photos de lui, ainsi que plusieurs messages sur sa page Facebook, comme «Dois-je me rendre?», ou encore: «Personne ne peut échapper à la mort».

Un compte fermé

 

Dans une vidéo, qui a été supprimée depuis, Jakrapanth Thomma, portant un casque de l’armée, filmait depuis sa Jeep en disant : «Je suis fatigué (…) Je ne peux plus appuyer mon doigt», mimant la forme d’une gâchette avec sa main.

Une porte-parole de Facebook a déclaré à l’AFP que le réseau social avait «fermé le compte du tireur et allait travailler nuit et jour pour retirer tout contenu illégal en rapport avec cette attaque dès que nous en aurons connaissance».

Korat est l’une des principales villes de garnison de Thaïlande, un pays où l’armée est très impliquée dans la société et en politique. Le royaume est l’un des pays du monde avec le plus grand nombre d’armes en circulation. Plusieurs fusillades dans des tribunaux à la fin de l’année dernière avaient provoqué l’inquiétude à ce sujet dans le pays d’Asie du Sud-Est.

AFP

Source : Le Temps (Suisse)

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