Les siamoises camerounaises séparées en France sont de retour à Yaoundé sous les vivats

Bissie et Eyenga, 14 mois, étaient reliées par l’abdomen et le foie. L’une des fillettes a également dû subir une opération du cœur très délicate.

 

Bissie et Eyenga Merveille, deux petites siamoises qui ont été séparées il y a deux mois en France lors d’une opération délicate, sont revenues au Cameroun, mardi soir 22 janvier, sous les acclamations de dizaines de proches et de curieux venus les accueillir à leur arrivée à l’aéroport de Yaoundé.

Elles paraissaient bien portantes dans leur petit ensemble rose mais intimidées, perturbées par les flashs des caméras et la foule manifestant bruyamment sa joie en étreignant leur mère et leur grand-père qui portaient les jumelles.

« Je suis fière de les voir séparées. Elles se portent bien et sont vaillantes », se réjouissait devant les journalistes la jeune maman de 19 ans, Laurelle Ngali, après avoir déposé une de ses filles dans les bras d’un membre du personnel médical venu les accueillir à l’aéroport.

« Elles vont évoluer seules désormais »

 

Nées le 6 novembre 2018 à Ayos, une bourgade du centre du Cameroun, les nourrissons étaient reliés par l’abdomen avec une partie du foie en commun. Elles ont été séparées le 13 novembre 2019 durant une opération délicate et très technique, menées durant cinq heures par les experts du service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Femme-Mère-Enfant des Hospices Civils de Lyon (HCL), dans le centre de la France, dont le professeur Pierre-Yves Mure. L’opération avait mobilisé une vingtaine de personnes. Il s’agissait d’une première pour cet établissement, l’un des plus grands hôpitaux pédiatriques de France.

Le 6 décembre, Bissie a dû être à nouveau opérée du cœur, une intervention « lourde et délicate », à l’hôpital Pierre Wertheimer de Bron, dans la banlieue lyonnaise.

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Leur naissance avait nécessité au Cameroun une césarienne d’urgence qui avait permis de sauver également leur mère, alors âgée de 18 ans. Celle-ci, rejetée par le père et une partie de la famille, s’était réfugiée à l’hôpital gynéco-obstétrique pédiatrique de Yaoundé, où les bébés ont grandi en attendant l’opération. Leur transfert en France et leur séparation avaient été menés grâce à l’association française La Chaîne de l’Espoir, les HCL et l’Etat camerounais.

« C’était très difficile de les voir toujours collées », racontait Laurelle Ngali à sa descente de l’avion, les yeux emplis de larmes, avant de monter avec ses bébés à bord d’une ambulance qui les a conduites à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique.

« On va les garder à l’hôpital encore quelques jours, mais ce ne sera pas long. Il faut considérer qu’elles sont normales désormais et vont évoluer seules », a expliqué le professeur Faustin Mouafo, le chirurgien pédiatrique qui les a suivies dès leur naissance.

« Prouesse médicale et humaine »

 

« Elles auront un suivi comme tous les autres enfants, mais il y aura des suites opératoires », précisait-il, en ajoutant : « Ce qui sera spécifique, c’est qu’on va leur apprendre à vivre séparément alors qu’elles se sont regardées pratiquement pendant douze mois. »

Leur séjour à l’hôpital, avant le retour en famille permettra aussi aux spécialistes camerounais « d’assurer un calendrier thérapeutique et de suivi, mais aussi d’éduquer la maman pour leur alimentation », détaille le professeur Mouafo. L’état de santé de Bissie nécessitera aussi un suivi médical tout particulier après son opération du cœur.

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C’est l’antenne lyonnaise de La Chaîne de l’Espoir, une association qui se consacre à l’accès aux soins et à l’éducation des enfants dans une trentaine de pays, selon son site Internet, qui a assuré la venue en France et le retour des jumelles au pays. « C’est à la fois une prouesse médicale et humaine », s’est enthousiasmé le professeur Mouafo.

La maman, elle, pense déjà à l’avenir de ses filles, désireuse de suivre « une formation en couture » pour pouvoir subvenir à leurs besoins.

Le Monde avec AFP

Source : Le Monde

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