Mauritanie : Des jeunes formés aux droits de l’Homme par un institut normand

Créé à Caen, l’Institut international des droits de l’Homme et de la paix a formé une douzaine de jeunes Mauritaniens aux droits de l’Homme, cette semaine, à Nouakchott, la capitale du pays de l’ouest africain. Une formation riche et pleine d’espoirs.

Sous le soleil de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, les discussions vont bon train à l’ombre de la toile tendue dans les branches des bougainvilliers en fleurs. « Êtes-vous d’accord ou pas avec cette phrase ? : « Les filles ne seront jamais les égales des garçons » », interroge Clémence Bisson, la coordinatrice pédagogique de l’Institut des droits de l’Homme et de la paix à la douzaine de jeunes qui l’entourent.

En marge du concours international de plaidoiries pour les droits de l’Homme, organisé chaque année par l’Institut normand dans le pays de l’ouest africain, une formation à l’éducation aux droits de l’Homme était proposée toute la semaine à des jeunes de la société civile.

Peine de mort, droits des femmes ou des enfants, objectifs de développement durable… Jeux et discussions ont donné lieu à de riches échanges. | OUEST-FRANCE

 

« On sait que jamais ô grand jamais les femmes ne pourront faire ce que font les hommes, estime un jeune garçon. Regardez les maçons, à 90 % il s’agit d’hommes ! » « Dans notre religion, poursuit un autre, les hommes ont plus d’autorité que les femmes. » « Si on parle de physique, nous ne serons jamais égaux, répond Fatimata. Mais si on parle de droits ? »

« Des outils pour vivre dignement »

 

La formatrice venue de France encourage ses stagiaires à parler encore. « Cette question était formulée de façon à ce qu’il n’y ait pas de bonne ou mauvaise réponse. Elle peut être interprétée de plusieurs façons et ouvre le débat. C’est ce que vous avez fait, en vous écoutant. C’est quelque chose qui marche bien avec les enfants. »

Éduquer les enfants, c’est la raison d’être de l’association créée par Cheikh Ahmed Tijani, 26 ans, l’un des participants. Quatre jours par semaine, l’ancien gamin de la rue permet à 386 enfants de suivre des cours gratuits en français et en arabe. « Certains sont orphelins, d’autres dorment dans la rue. C’est presque suicidaire, dans mon pays de parler de droits de l’Homme. Mais ces enfants doivent être éduqués pour vivre dignement comme citoyens du monde. »

Des grains de sable riches d’espoirs

 

Ousmane, 33 ans, qui prépare un master 2 de droit et travaille comme animateur est venu approfondir sa « connaissance des outils » pour sensibiliser les enfants aux droits de l’Homme. « Beaucoup d’enfants des classes inférieures ne peuvent pas aller à l’école dans notre pays. La pauvreté, l’ignorance, le manque d’information, les droits bafoués… Vous voyez vers quoi ça peut les entraîner ? »

À la fin de la semaine, un diplôme a été remis aux stagiaires. | OUEST-FRANCE

 

Chaque stagiaire formé a reçu un diplôme en fin de semaine. Un grain de sable porteur d’espoir pour la société dans le grand désert mauritanien. Ici, l’avenir de chacun reste conditionné par sa tribu, sa caste, son sexe…

Recueil de fiches pédagogiques sous le bras, chacun est reparti avec une boîte à outils qui lui permettra de former des centaines de personnes aux droits de l’Homme.

Dickel Dia, 28 ans, milite contre les violences et discriminations liées au genre en Mauritanie. | OUEST-FRANCE

 

Dans un pays « où on préfère toujours donner naissance à des garçons », Dickel Dia, 28 ans, qui a subi violences sexuelles et mutilations génitales, rêve de faire de ses deux filles « des femmes fortes et indépendantes ».

Stéphanie SEJOURNE-DUROY

Source : Ouest France

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