Forum de Dakar sur la paix : le sabre du résistant El Hadji Omar fait polémique

La restitution du sabre du résistant sénégalais El Hadji Omar à Macky Sall par le premier ministre français à l’occasion du forum sur la paix cette semaine à Dakar continue de susciter des débats sur les réseaux sociaux. Pour les observateurs ce geste par le billet culturel cache des intérêts économiques de la France sur les importantes ressources pétrolières et gazières sénégalaises en perspective.

Ce 6ème rendez-vous annuel en Afrique et seulement à Dakar a une saveur particulière. Un parfum culturel avec la remise du sabre du combattant El Hadji Omar au président sénégalais par le premier ministre français. Un symbole qui remet au grand jour tout un passé colonial relatif aux biens culturels africains pillés par la France. En l’occurrence ce sabre serait saisi par les troupes coloniales lors d’un combat les opposant au résistant sénégalais. Cet objet fait l’objet de nombreuses controverses au sein des historiens dont certains affirment sans ambages qu’il appartient au fils d’Oumar Saidou Tall dit El Hadji Omar. L’histoire retiendra que le guide du Fouta a disparu dans la fameuse bataille de Bandiagara.

Les sénégalais s’interrogent du moment choisi par la France pour remettre à l’ordre du jour sa promesse de rendre aux africains ce qui les appartient. Peu importe sur la vérité historique de l’appartenance de ce bien précieux ce qui dérange plus les observateurs c’est ce qui se cache derrière ce geste du premier ministre français venu avec une forte délégation pour préparer bien entendu le terrain des années à venir sur ces intérêts économiques au Sénégal qui devient ainsi le partenaire privilégié dans cette partie occidentale de l’Afrique. Dans cette perspective Paris et Dakar ont signé deux accords sur la vente d’armement des patrouilleurs et des missiles pour protéger les futures installations pétrolières et gazières. Une mainmise dans l’implantation du pétrole par Total qui ne date pas d’aujourd’hui.

Les observateurs s’interrogent également sur la responsabilité des dirigeants africains face à cette problématique culturelle. La culture c’est le parent pauvre en Afrique depuis les indépendances. Beaucoup de dirigeants accordent peu d’importance à ce secteur alors que l’Afrique a bien une riche histoire contrairement aux affirmations de l’ancien président français Sarkozy en 2007 à Dakar sur l’immobilisme du continent africain.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya 20 novembre 2019)

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