Moyen-Orient : Trump exhorte Erdogan à mettre fin à son offensive en Syrie

Donald Trump a téléphoné lundi au président turc, Recep Tayyip Erdogan, pour l’exhorter à mettre fin à son “invasion” de la Syrie et à décréter un “cessez-le-feu” immédiat, alors que les troupes syriennes, désormais alliées aux Kurdes, sont arrivées dans le nord-est du pays.

Une semaine après avoir annoncé le retrait des troupes américaines du nord-est de la Syrie, offrant un boulevard à la Turquie pour lancer son offensive contre les Kurdes, Donald Trump a tenté lundi d’éteindre l’incendie en durcissant le ton.

Le vice-président Mike Pence a déclaré lundi après-midi depuis la Maison-Blanche que Donald Trump “avait téléphoné au président turc pour lui demander de mettre fin à l’invasion, de décréter un cessez-le-feu immédiat et d’engager des négociations avec les forces kurdes en Syrie”, rapporte The Hill.

M. Pence a précisé qu’il conduirait une délégation en Turquie dans les prochains jours, pour aider à sceller un accord entre Ankara et les forces kurdes.

Quelques heures auparavant, Donald Trump avait publié un décret présidentiel autorisant “l’imposition de sanctions à l’encontre des actuels et anciens responsables du gouvernement turc et de toute personne contribuant aux actions de déstabilisation de la Turquie dans le nord-est de la Syrie”, précise ABC News.

Dans un communiqué reproduit sur le site de la chaîne, Donald Trump se déclarait “parfaitement prêt à détruire rapidement l’économie turque si les dirigeants turcs continuent à s’engager dans cette voie dangereuse et destructrice”.

Le président américain a également décrété un train de sanctions économiques, relève le New York Times, notamment “l’arrêt des négociations commerciales avec la Turquie et le doublement des droits de douane sur l’acier turc”, qui passeront ainsi de 25 % à 50 %.

Ces mesures et annonces ont été jugées “insuffisantes” par Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, au regard du “chaos” et de l’“insécurité” provoqués par la politique de Donald Trump en Syrie.

L’initiative du locataire de la Maison-Blanche s’explique en partie par les vives critiques formulées au sein même de son parti face à sa décision de retirer les troupes américaines, lâchant ainsi les Kurdes, pourtant alliés précieux des États-Unis dans la lutte contre l’État islamique.

Lundi, l’influent chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s’est déclaré “gravement préoccupé” par la position américaine en Syrie, la qualifiant de “calamité stratégique” susceptible de renforcer l’État islamique dans la région, selon Politico.

En réponse, le président américain a assuré qu’un petit groupe de soldats américains “resteraient positionnés dans le sud de la Syrie pour continuer à combattre ce qui reste de l’État islamique”, note la BBC.

Message de fermeté

 

Donald Trump a également dépêché son ministre de la Défense, Mark Esper, devant les caméras, pour relayer le message de fermeté présidentiel, observe Middle East Eye.

“En dépit de l’opposition et des multiples avertissements des États-Unis et de la communauté internationale, le président turc Erdogan a ordonné l’invasion unilatérale du nord de la Syrie”, avec son cortège de morts, de réfugiés et de destruction, a déclaré M. Esper, avant d’exhorter les alliés de Washington au sein de l’Otan à prendre “des mesures diplomatiques et économiques, individuelles et collectives”.

L’Union européenne (UE), qui espérait elle aussi frapper un grand coup lundi, n’a cependant pas réussi à décréter un embargo sur les ventes d’armes à la Turquie, mais est parvenue à les limiter, selon Le Soir.

“Les États membres se sont engagés à adopter des ‘positions nationales fortes’ basées sur l’interdiction d’accorder une licence d’exportation d’armes notamment quand celle-ci menace la stabilité régionale”, écrit le quotidien. “Ce n’est pas un embargo en bonne et due forme”, mais la mesure aura “le même effet qu’un embargo”, a assuré la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini.

Pendant que le président et les diplomates s’affairaient, remarque Al-Jazira, les troupes syriennes, à la faveur de leur nouvelle alliance avec les Kurdes, ont atteint lundi le nord-est de la Syrie et ont pu entrer, pour la première fois depuis 2012, dans la ville de Manbij, un bastion kurde également convoité par les forces turques.

Selon le correspondant de la chaîne arabe dans la région, c’est un pas stratégique car la ville “est un carrefour, et quiconque contrôle Manbij contrôle les routes qui relient l’est et l’ouest du nord de la Syrie”.

Source : Courrier international

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