Il est temps! | L’association SOS Pairs Éducateurs : « Soutenez ne Punissez Pas »

Les utilisateurs de drogues injectables (UDI) sont fortement à risque, à travers le partage d’aiguilles souillées, d’infections virales graves dont au premier chef les hépatites et le VIH.

C’est pourquoi une intervention de santé publique courante, inscrite dans les politiques nationales de santé, consiste à leur faciliter l’accès à des seringues neuves. En apportant cet appui de base aux UDI, on freine une chaine de transmission de ces maladies.

Aider les UDI, c’est, au-delà de cet appui de base, c’est aussi les accompagner dans le sevrage et le retour à une vie délivrée de l’enfer de l’addiction. La dépendance aux drogues comporte à la fois une dimension physiologique et une dimension psychologique, et a en outre souvent des effets économiques désastreux pour les personnes concernées et leurs ménages.

Aussi l’expérience démontre que, pour réussir, un programme de prise en charge en matière de désintoxication des UDI devrait inclure à la fois :

– Une prise en charge médicale.
– Une prise en charge psychologique
– Une prise en charge sociale.
– La délivrance quotidienne de méthadone.
– Des activités de convivialité et de resocialisation.

A travers ce type de prise en charge intégrée, deux objectifs clés sont simultanément atteints :

– Une prise en charge de l’UDI, dont la dépendance aux drogues injectables constitue une véritable maladie, selon une approche qui respecte son droit à la santé.

– Une réponse adaptée en matière de réduction des risques d’extension d’infections, au-delà des seuls UDI, au sein de la société globale.

Des pays musulmans voisins tels que le Maroc, et plus encore le Sénégal, se sont déjà fermement engagés, avec succès, dans cette voie. Le Mali, à son tour, est en train progresser dans cette direction.

 

 

 

La Mauritanie de son côté reste en retard dans la mise en application de tels principes, qui sont pourtant déjà inscrits dans le droit en vigueur dans le pays. La Loi 93-37 du 20 juillet 1993 reconnait explicitement le besoin et l’importance pour les toxicomanes d’« une cure de désintoxication accompagnée de toutes les mesures de surveillance médicale et de réadaptation appropriées à leur état. »

 

 

 

Ce principe n’est malheureusement pas adéquatement appliqué puisque, dans la pratique, les UDI font généralement l’objet d’une approche strictement psychiatrique, pourtant prouvée inadaptée pour les aider à s’extraire de leur toxicomanie, et de ce fait inadaptée pour réduire les risques d’extension d’épidémies d’origine virale.

Il est important de réaliser aussi que, au-delà de son inefficacité pour lutter contre la toxicomanie, l’approche pratiquée jusqu‘ici en Mauritanie ne prend pas suffisamment en compte pas le droit à la santé des UDI, accentuant au contraire la stigmatisation et la marginalisation sociales dont ils sont victimes en les isolant et en perpétuant le tabou autour de consommation de drogues.

 

 

 

Aidez les personnes dépendantes des drogues tout en contribuant au bien-être de la société dans son ensemble :

Plaidez avec nous pour une application plus stricte de la loi en vigueur, et pour la mise en place dans ce cadre de centres spécialisés dans la prise en charge intégrée des addictions !

Association SOS Pairs Éducateurs

Djibril Sy

Source : Agence Tawary

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

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