Présidentielles Mauritanie : le conseil constitutionnel devant ses responsabilités

Avec la crise post-électorale qui perdure la confirmation du conseil constitutionnel des résultats de la CENI semble être retardée dans un contexte de climat de peur à Nouakchott et à l’intérieur du pays marqué par des arrestations d’opposants noirs en particulier de la coalition VE.

C’est la Mauritanie qui est prise en otage par un régime raciste et esclavagiste qui a mis en oeuvre son lourd arsenal de répression de jeunes manifestants à Nouakchott à Nouadhibou et dans toutes les villes de la vallée contre le coup d’Etat électoral du 22 juin dernier. Depuis une semaine les mauritaniens sont coupés du monde avec le blocage de l’accès à Internet et les arrestations d’opposants noirs de sympathisants ou de militants de la coalition du VE du candidat KHB s’intensifient. Parmi les détenus le président des FPC Samba Thiam, le journaliste Moussa Camara de la Nouvelle Expression et le directeur de campagne de Ould Abeid. Et sans plus tarder toutes les personnes arrêtées sont présentées cette semaine devant le parquet et certaines sont sous mandat de dépôts.

 

Pendant ce temps la résistance s’organise au niveau des 4 candidats de l’opposition qui tiennent régulièrement des points presse. L’annulation de leur marche le 27 juin dernier va dans le sens de ne pas faire le jeu du pouvoir qui a interdit toute manifestation. Et la contestation des jeunes des quartiers populaires s’amplifie malgré une répression sauvage des forces de l’ordre dénoncée cette fin de semaine par Amnesty International qui appelle les autorités de Nouakchott à plus de retenue dans les interventions policières et à cesser immédiatement de semer la haine et la division entre les mauritaniens et surtout à respecter les droits de l’homme. Voilà le visage policier et raciste du régime de Ould Aziz seul responsable du chaos post-électoral qui semble mettre mal à l’aise les 11 sages du conseil constitutionnel plus que jamais devant leur responsabilité historique. Examiner d’abord le recours des deux candidats de l’opposition et ensuite confirmer ou infirmer les résultats de la CENI.

 

Les observateurs ne s’attendent pas à une remise en cause de l’élection de Ould Ghazouani. Dans le cas échéant ce serait une première en Mauritanie depuis 78 et le début d’une alternance démocratique.

 

Bakala KANE

(Reçu à Kassataya le 30 juin 2019)

 

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