Présidentielles Mauritanie : l’écologie une thématique absente dans les programmes des candidats

S’il y a bien une thématique reléguée au second plan dans les programmes des candidats en fin de campagne c’est bien la préservation de l’environnement. Les observations considèrent que cette absence réside dans les priorités accordées à la cohabitation et à la situation économique gravissime. Deux axes majeurs qui concourent au mieux vivre ensemble et à la cohésion sociale.

Dans un contexte de réchauffement climatique l’écologie est un problème planétaire. Dans un pays désertique à 90 pour cent où le déficit chronique pluviométrique entraîne depuis des décennies une sécheresse dont les conséquences sont énormes sur l’environnement, l’agriculture et l’élevage, la problématique de l’écologie est une question de survie pour les mauritaniens. Et un énorme défi pour les pouvoirs publics confrontés dans l’ensemble du pays à la dégradation de l’environnement et à Nouakchott à l’écosystème côtier qui fait planer un risque d’engloutissement de la capitale à cause  du niveau  élevé de la mer d’année en année. Ce danger permanent qui guette le pays suffit pour regarder autrement l’écologie. Les candidats qui ont sillonné les différentes communes de la capitale surtout les périphéries n’ont pas manqué certainement de constater les nombreux déchets jetés dans la rue ou dans d’autres endroits.

L’autre réalité qui les concerne directement parce qu’ils sont tous véhiculés pour mener à bien leur campagne c’est la croissance du parc automobile qui contribue à la détérioration de la qualité de l’air dans cette ville qui absorbe le tiers de la population mauritanienne qui avoisine 4 millions d’habitants.  Une capitale paralysée tous les ans par des pluies diluviennes faute d’une politique d’assainissement adéquate responsable de nombreux décès chaque année. La préservation de l’environnement se pose surtout avec acuité dans le milieu rural en particulier dans l’Assaba où la coupe des arbres est devenue un commerce illicite de gardes forestiers encouragés par leur complice au sein de l’administration. Ce pillage des ressources à ciel ouvert est un grave danger pour l’environnement.

Pour les observateurs cette problématique sensible reléguée au second plan n’enlève en rien la cohérence des programmes des candidats surtout de l’opposition dont la priorité est de reconstruire un pays profondément divisé et ruiné par un régime autoritaire qui s’est accaparé de toutes les richesses nationales au profit des proches du président qui est sur le point quoi qu’il arrive le 22 juin prochain à prendre la poudre d’escampette pour une retraite dorée aux Emirats arabes Unis.

Cherif Kane
Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya le 18 juin 2019)

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