G5 Sahel : Paris agacé du laxisme des dirigeants sahéliens

Un vent d’essoufflement est entrain de souffler à l’Elysée après la remontrance du chef de la diplomatie française aux chefs d’Etat du G5 Sahel cette semaine à Paris. Yves Le Drian reproche aux dirigeants sahéliens de s’impliquer moins dans les multiples attaques des Jihadistes notamment au Mali au Nord du Burkina et au Niger.

Ce message qui pointe les responsabilités des armées africaines face à la recrudescence des attaques des jihadistes dans cette bande sahélo-saharienne est un mauvais signe pour la sécurisation de cette sous-région. Nul doute que les contingents africains à eux-seuls ne peuvent pas venir à bout d’une guérilla islamiste mise en place après la déroute de 2012 où les barbus ont été boutés hors du Nord du Mali par Serval. Et depuis le vent a tourné en leur faveur. Les attaques se multipliant contre la Minusma et progressivement contre des prêtres d’églises voire des musulmans font beaucoup de morts des soldats africains et de la force conjointe. C’est surtout la propagation des attaques au Burkina et au Niger qui inquiète Paris qui ne veut pas admettre en aucun cas l’impuissance de sa force Barkhane.

Seulement la France est agacée de voir que tous ses efforts de trouver des financements pour le G5 Sahel ne vont rien servir face au laxisme des armées africaines sur le terrain. Dans un contexte où les Etats-Unis veulent la sortie de la Minusma Paris tente de sauver son image de puissance militaire. Mais aujourd’hui après 7 ans de guerre contre les terroristes islamistes la donne a changé avec un conflit qui se déplace au centre du Mali et la frontière avec le Burkina et le Niger avec en toile de fond le génocide des peuls par les milices des Dogons. Une guerre dans une guerre qui risque d’être plus longue que prévue par la France qui attend des chefs d’Etat du G5 Sahel de prendre le relais de ses forces un jour. Mais les peuples malien et nigérien ne veulent plus de la présence des forces étrangères sur leur sol. C’est même l’objectif numéro un d’Al Qaida. La sécurisation du sahel passe nécessairement par les populations concernées.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya le 31 mai 2019)

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