Paris envisage de rapatrier des djihadistes prisonniers en Syrie

Près de cent trente Français membres de l’État islamique retenus par les Kurdes en Syrie risquent d’être relâchés dans la nature après le départ des troupes américaines. Paris examine les modalités de leur retour, ce qui serait une première pour un pays européen, souligne The Telegraph

Le gouvernement français réfléchit au rapatriement de cent trente de ses ressortissants djihadistes prisonniers dans des camps du nord de la Syrie tenus par les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS). “Il craint de perdre leurs traces après le retrait des États-Unis”, explique The Telegraph.

Sans confirmer l’information, le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré mardi que “ceux qui rentreront en France seront judiciarisés et confiés aux juges”. Interrogé par le quotidien britannique, un responsable de la place Beauvau a précisé qu’“aucun détail pratique n’a été arrêté pour l’instant, ni la nature des opérations visant à les rapatrier, ni le nombre exact de personnes concernées, ni la date”.

“Parmi les djihadistes retenus par les FDS figurent plusieurs responsables français de l’État islamique, dont Adrien Guihal, membre de la filière d’Artigat qui a planifié plusieurs attentats en France, dont celui de Nice”, rappelle The Telegraph.

Revirement

Cette décision a provoqué une polémique à droite, certains jugeant que les djihadistes qui ont trahi le pays n’ont plus leur place en France. Il s’agit “d’un revirement majeur de la politique française envers les membres de l’État islamique retenus dans le nord de la Syrie”, a tweeté Nadim Houry, directeur du programme d’antiterrorisme pour l’organisation Human Rights Watch, cité par le journal britannique. “C’est sans doute impopulaire, mais c’est ce qu’il faut faire. Poursuivre ceux qui ont commis des crimes et réintégrer les enfants.”

Selon The Telegraph, “une telle décision fait de la France le premier pays d’Europe occidentale à rapatrier des citoyens arrêtés pour liens supposés avec l’État islamique en Irak et au Levant. Seuls les États-Unis, la Russie, l’Indonésie et le Soudan ont jusqu’à présent rapatrié leurs ressortissants”.

The Telegraph –Londres

Source : Courrier international

 

 

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