Mauritanie : les observateurs dénoncent les accusations et menaces de Ould Aziz

Après avoir durci le ton contre les extrémistes et les racistes Ould Aziz s’est déchaîné contre les réseaux sociaux qu’il menace de fermer pour des raisons de sécurité et de stabilité du pays.Un aveu d’échec de sa politique de réconciliation nationale.

Le président mauritanien est à bout de souffle dans l’arène politique. Et cette déclaration de guerre au cours du meeting qui clôturait la marche contre le racisme et la haine cette semaine à Nouakchott vise surtout ceux qui font de l’unité nationale un fonds commerce à l’étranger faisant allusion ainsi à son cousin opposant Bouamatou devenu ennemi numéro un et exilé maintenant en France et indésirable au Maroc. Cette fermeté est considérée par les observateurs comme une seconde menace à tous ces opposants de l’intérieur comme de l’extérieur surtout ceux qui sont derrière les réseaux sociaux.

En les menaçant de fermeture Ould Aziz avoue son échec dans la communication de son gouvernement et au-delà de sa politique de réconciliation nationale. Les souvenirs du printemps arabe restent encore gravés dans l’esprit du dirigeant mauritanien qui redoute une influence de cette révolution du peuple via les nouvelles technologies en Mauritanie. Et ce discours corsé n’augure pas un climat de paix sociale d’autant plus que le président de tous les mauritaniens va puiser dans son arsenal juridique pour traquer les récalcitrants Hratins, afro-mauritaniens et islamistes considérés comme des extrémistes selon les nouvelles lois contre le racisme, adoptées par les députés en 2017. Au final derrière la marche du 9 janvier se cache le lourd bilan de fracture sociale de Ould Aziz de 2009 à 2019.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya le 10 janvier 2019)

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