Bref aperçu de la question nationale en Mauritanie…

 

Note de la rédaction: Après une sortie qui n’est pas passée inaperçue dans l’espace politique, le vice-président de l’UFP reviens à la charge sur la question de la cohabitation nationale et des discriminations ethniques dans le système politique mauritanien. 

La dénonciation du chauvinisme, désormais organiquement associé au racisme du régime, par les forces démocratiques et patriotiques, a suivi la courbe d’intensité des politiques identitaires suivies depuis l’ accession de notre pays à l’indépendance formelle en 1960.

Le régime de Mokhtar Ould Daddah, héritier certes toujours recalcitrant du colonialisme, a mis en oeuvre la vision française dominante en matière d’identité de l’ Etat : uniformité, unicité, assimilation. C’ est la même idéologie française qui va s’implanter partout, dans la quasi-totalité des Etats anciennement sous domination française: refus systématique de reconnaissance du multiculturalisme, rejet parfois brutal de la diversité, déni éhonté des réalités communautaires ethno-linguistiques.

Dans nombre de ces pays, pour ne pas dire, partout, cette approche assimilationiste ira jusqu’ à la négation pure et simple des langues africaines qualifiées dans le meilleur des cas, de  » langues vernaculaires » ( c’est- à dire folkloriques) au profit du français, langue de l’ élite en grande partie néocolonisée, au service d’ Etats structurellement soumis et dédiés à une emprise étrangére multiforme. Le régime de Mokhtar Ould Daddah, pour sa part, dés avant même l’indépendance, sera soumis à une logique spécifique, imposée par l’ exigence de « partage du gateau » entre les membres d’une élite multiculturelle, aspirant chacun, au nom de  » sa » communauté, à accéder à la rente étatique que constitent les hauts postes de l’ administration publique. C’est le début de la course à l’ échalote, où les candidats à ces postes juteux ( prestige, biens materiels) se bousculent pour  » representer  » leurs communautés, leurs tribus et/ ou castes sans être mandatés par aucune de ces commuanutés, étant donné que le système politique nouveau n’était pas démocratique mais au contraire de type autoritaire classique.

Pour s’en sortir et èviter les problemes sans fin de  » cohabitation » au sein du groupe dominant multi- ethnique, les hommes politiques de l’époque vont finir par instaurer une régle non écrite de  » partage » du pouvoir, suivant des quotas, entre les arabes ( à l’exlusion des hrattines socialement rejetès par tous) et les négro- africains (3/4 pour les uns et 1/4 pour les autres) avec bien sûr une fluctuence plus ou moins grande suivant les circonstances. Mais cette politique de partage du pouvoir de l’élite sera constamment sous surveillance des uns et des autres puisqu’il s’agit d’une alliance globalement instable, dominée par une sourde rivalitè de type hégémonique. Alliance et rivalité: telle sont les deux formes essentielles des rapports entre les membres des communautés ethniques auto- cooptés et auto-proclamés representants de ces communautès.

La fameuse  » Question Nationale » fut donc à l’origine ( Congrés d’Aleg etc ) une question posée par les rapports de partage de pouvoir au sein de l’élite dominante du pays. Voilà la raison pour laquelle elle va d’abord revêtir une forme bureaucratique ( quels postes et à qui) et culturelle ( en quelle langue l’Etat devrait- elle s’exprimer?). On comprend, dans ces conditions, quel enjeu central va représenter le probleme de la langue officielle et de son usage dans la vie publique. Dans les autres pays voisins, le français. En Mauritanie, la question sera au coeur de la problématique de la coexistence nationale et alimentera peu à peu, la dynamique de crise de l’unité nationale du pays qui ira en s’amplifiant, du milieu des années 60 à nos jours.

( à suivre)

Source : Lo Gourmo Abdoul 

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