Fatimetou Abdel Malick, maire de Tevragh Zeïna : « Je ne suis pas une femme politique, mais une travailleuse à vocation sociale »

Je voulais déjà évoquer la spécificité dans la gestion de la commune de Tevragh Zeina il y a 3 ans déjà, après beaucoup d’échos de toutes directions (tous positifs) sur l’intégrité et la simplicité de cette dame. Je l’avais même brièvement rencontrée dans ce cadre, et ces quelques minutes où je me retrouve dans son  bureau à la mairie, sans même savoir que j’étais dans le bureau de la maire, m’avaient laissé optimiste sur certaines choses dans ce pays : sa porte était grande ouverte, elle se déplaçait à l’improviste  pour vérifier que les services fonctionnaient, et que les citoyens étaient bien reçus dans «leur» mairie… Occasion m’est donnée de la revoir et de terminer cette conversation enclenchée il y a 3 ans maintenant. Rencontre rafraîchissante.

«Un agent  de développement» – « Ce n’est certainement pas une femme politique, au sens complaisant du terme, tel qu’on le vit dans les réalités des partis mauritaniens. C’est une élue de proximité, ou comme elle le dit elle-même, une « travailleuse sociale ». D’ailleurs on peut dire qu’elle n’a pas d’amis en politique car son refus ferme de la compromission la met en porte-à-faux avec l’essentiel de la classe politique Mauritanienne. » dit Moussa Khaïry, président du club de foot FC Tevragh Zeïna, et proche de la présidente de l’association panafricaine des femmes élues d’Afrique. « C’est l’un des rares individus de la mosaïque politique, à faire le consensus sur son intégrité et son engagement social, au-delà des clivages communautaires et sociaux. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit la candidate avec le plus d’unité acquises sur toute l’étendue du territoire » continue Moussa Khaïry.

Mohamed Abdel Vetah, jeune homme d’affaires, opine vigoureusement : « En particulier sur le plan administratif et social, elle n’a pas que son travail de maire de Tevragh Zeïna, mais également celuis de certains de ses pairs d’autres communes moins favorisées ; au début du recensement biométrique en 2011, le centre de Tevragh Zeïna était le seul dans tout Nouakchott qui n’a jamais fermé ses portes, et où vous n’avez jamais entendu de problèmes de l’ordre de ceux qui ont été justement dénoncés dans la plupart des centres nouakchottois ; les files d’attente allaient sur 50 mètres au moins du fait du transvasement de beaucoup de citoyens d’autres communes » raconte le businessman.

Dans son bureau de son enceinte de campagne, le même comportement que pour tous les citoyens qui ont eu à la côtoyer à la mairie : la porte de son bureau toujours ouverte, « sauf durant une réunion importante ». « Le gens doivent voir et sentir que vous êtes là pour eux ; ce n’est pas l’inverse. Les élus doivent toujours s’en rappeler. Je ne me considère pas comme politique d’ailleurs, malgré l’étiquette, mais plutôt comme une technicienne à vocation sociale » précise-t-elle en m’accueillant. La « complaisance » qu’elle remarque dans le monde politique mauritanien depuis qu’il y foule les pieds en 2001, ne l’incitant pas à s’y assimiler avec fierté. D’ailleurs, allant plus loin : « Certains postes électifs, de très grande proximité, tel celui que j’occupe actuellement, ou auquel j’aspire, devrait être apolitiques et rapprochés dans leur essence de ceux d’agents de développement, pour se mettre au maximum au-dessus de la mêlée et tendre autant que faire se peut, à régler les problèmes de tous, particulièrement des franges les plus défavorisées en périphérie, qui sont pour le moment les couches oubliées des politiques publiques » affirme l’informaticenne de gestion formée à Bruges, en Belgique, avant de revenir au pays travailler à la banque de l’Habitat.

Un bilan avant tout social et « extracommunal » – Lucide sur son bilan après 17 ans (cumulés) à la tête de la mairie de Tevragh Zeïna, elle dresse un tri sans ambages : « Tout n’est pas parfait, et il reste tellement à faire, notamment sur la gestion ordurière et l’environnement ; mais le contexte politique lie les mains dans une certaine mesure. Dans l’autre mesure, je me suis posée la question : « qu’est-ce qui est le plus important dans notre contexte ? » Et la réponse m’a semblé l’égalité, la sécurité, la garantie des droits, la culture même, l’éducation et le vivre-ensemble. Et dans ces volets, j’ose espérer, et dire humblement, que des choses ont été accomplies » soutient Fatimetou Abdel Malick.

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Mamoudou Lamine KANE

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