Contre l’excision, ce pasteur kenyan défend la «divinité du clitoris»

Timothy Njoya était au tribunal à Nairobi pour demander qu’on «laisse le clitoris là où Dieu l’a placé».

La mutilation génitale féminine est interdite au Kenya depuis 2011, mais la docteure Tatu Kamau, une ancienne membre du gouvernement, a déposé une plainte en janvier 2018 pour demander la légalisation de l’excision (qui continue d’être pratiquée mais est passible de poursuites). Selon Kamau, chaque communauté doit pouvoir pratiquer sa «culture sans l’imposition impérialiste venant d’une autre culture qui a d’autres croyances et normes».

Au tribunal, elle a dû faire face à Timothy Njoya, un pasteur de 76 ans qui milite contre l’excision et a récemment publié un livre intitulé La divinité du clitoris dans lequel il célèbre le fait que sa mère ait réussi à échapper à l’excision en 1925.

Njoya a expliqué à la presse qu’il était venu au tribunal avec une «armée d’avocats pour défendre la divinité du clitoris», un organe qu’il appelle aussi «les antennes de Dieu dans le monde».

Entourée de femmes victimes de mutilations génitales, il a déclaré face aux caméras: «Laissez le clitoris où dieu l’a placé».

Dans les années 1980 et 1990, Njoya était un opposant du gouvernement autoritaire kenyan, et en 1999, il a fondé l’organisation Men for Equality with Women, qui encourage les hommes à respecter les droits des femmes. Il semble vivre ces préceptes d’égalité au quotidien.

En effet, dans une série de tweets en 2017, le pasteur, qui est à la retraite et se décrit comme «homme au foyer», avait parlé de ses contributions aux tâches domestiques, un sujet controversé pour la plupart des hommes kenyans.

Il avait même tweeté une photo du linge qu’il avait lavé et étendu:

9am. I’v just done my laudry since breakfast.I tithe all the money I save by shaving myself and washing my clothes.

Selon le Nairobi News, Njoya voulait montrer que laver le linge et nettoyer ne sont pas des activités qui ôtent leur masculinité aux hommes.

 

Claire Levenson

Repéré sur Nairobi News

 

 

 

Source : Slate

 

 

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