Iran : Barack Obama dénonce la « grave erreur » de Donald Trump

L’ancien président américain Barack Obama a vivement réagi à la décision de son successeur de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien qu’il avait signé. Donald Trump prend le risque « d’éroder la crédibilité » des Etats-Unis, a-t-il commenté.

Les regrets se multiplient sur la scène internationale depuis la décision mardi soir de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Son prédécesseur, Barack Obama, qui avait approuvé ce texte avec l’Iran et six autres parties, a évoqué la « grave erreur » que venait de faire le président des Etats-Unis. Dans un communiqué, l’ex-dirigeant se veut particulièrement ferme. Sans cet accord, qui rendait impossible la construction d’une bombe atomique par Téhéran en échange d’une levée progressive des sanctions visant le pays, « les Etats-Unis pourraient in fine se retrouver face un choix perdant entre un Iran doté de l’arme nucléaire ou une autre guerre au Moyen Orient », met en garde Obama, très discret depuis son départ de la Maison-Blanche.

Le démocrate rappelle dans son communiqué qu’il n’y a eu « aucune violation de l’accord de la part des Iraniens », comme l’assurent aussi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui mène des inspections sur le terrain, et les services de renseignement américain. A l’inverse, Donald Trump a affirmé lors de son allocution détenir « la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ». « La réalité est claire », a de son côté insisté Barack Obama : l’accord, qui est « un modèle de ce que la diplomatie peut accomplir », fonctionne et « est dans l’intérêt de l’Amérique », explique-t-il.

Pour Obama, Trump tourne le dos aux « plus proches alliés de l’Amérique »

 

« Les débats dans notre pays devraient se baser sur les faits », écrit-il encore comme une réponse à son successeur républicain. « Dans une démocratie, il y aura toujours des changements de politiques et de priorité d’une administration à l’autre », reconnait le 44e président des Etats-Unis. « Mais bafouer de façon systématique les accords auxquels notre pays est partie risque d’éroder la crédibilité de l’Amérique », ajoute-t-il.

Barack Obama déplore par ailleurs une décision qui revient à tourner le dos aux « plus proches alliés de l’Amérique ». Il est vrai que le retrait de Donald Trump est un cuisant revers pour les Européens, qui espéraient encore un compromis diplomatique. Washington même été particulièrement menaçant en précisant que le rétablissement des sanctions américaines seraient effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auront quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Les principaux dirigeants européens liés par cet accord ont quant à eux fait savoir mardi soir qu’ils étaient « déterminés » à sauver le compromis de 2015. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Moscou a aussi fait part de sa « profonde déception » et de son « extrême inquiétude » et la Turquie a dit craindre « de nouveaux conflits ». Le président iranien Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a pour sa part accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Israël et l’Arabie saoudite se sont en revanche réjouis de l’annonce de Donald Trump.

 

(avec AFP)

 

 

Source : JDD (France)

 

 

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