Le stratagème funeste de nos acteurs

Les ethnies et les races mauritaniennes, peuvent se griffer, s'insulter et s'assassiner autant qu'elles veulent. Aucune n'en sortira jamais victorieuse. Personne ne savourera la défaite de ceux qu'il considère comme des frères ennemis à abattre.

Nous avons assisté et continuons de suivre le déroulement d'un film, long métrage de mauvais gout et de basse prestation.

Un problème gangréneux que les générations passent aux suivantes, comme un cadeau empoisonné qui colle au destin et pollue les existences.

Les solutions, on n'en veut guère. Elles risquent de couper la projection et avec elle les intérêts mesquins et veules de ceux qui ont préféré vendre la dignité et la paix nationale au prix misérable et dérisoire, de quelques plaisirs de regrets et de honte.

Tout le monde prépare et convoite inconsciemment sa propre destruction.

Les raisons qu'on donne à "ces boucheries héroïques", n'ont pas poussé par hasard. Loin de la.

Les hommes et les états sur le dos desquels les metteurs en scène embusqués à l'affut des regards veulent décharger ces atrocités, ne sont peut-être pas innocents, mais ils ne sont pas les pires.

Maaouya ould Taya, peut-être le plus innocent de nous tous.

Au plus fort de ces journées d'enfer, ou nous avons enterré vivant, ce que nous avons de plus sacré, il ne portait, lui, ni couteau, ni arme a feu, ni cette hargne hideuse qui colorait les visages de cauchemars et transformait les êtres humains en fauves enragés.

Ces monstres humains qui tranchaient les gorges et pulvérisaient les cranes de paisibles jeuneurs, et au mois le plus sacré de notre foi, n'étaient pas ce qu'on pensait, ni ce qu'on attendait d'eux .

Ce n'était pas Maaouya. Maaouya ne suivait pas les assassins dans les ruelles et les endroits isolés, pour s'assurer de l'accomplissement de la sale besogne.

Le vrai responsable de cette hécatombe était belle et bien cette lèpre misanthrope et raciste, savamment cultivée, entretenue et nourrie dans les plis les plus secrets de la conscience de ce peuple.

Aucune tribune de celles qui se bousculent aujourd'hui, pour afficher leurs visages de sainte Nitouche, ne levait le petit doigt pour arrêter les tentacules de cette haine.

Ni imam, ni sénateur, ni délégué, ni administrateur, ni "droit-homiste", ni même enseignant. Celui là, qui les yeux rivés sur les augmentations des salaires a oublié sa noble mission. Celle qui l'a affilié aux prophètes et aux messagers.

Ni chez les maures, ni chez les autres. Au contraire, on éduquait les petits enfants au rythme de la peur de l'autre et la répulsion de tout ce qui est lié à sa culture et ses comportements.

Tous ces acteurs prenaient tout et ne donnaient rien.

Ce fut la première pierre de la catastrophe nationale que nous vivons aujourd'hui et qui va en s'empirant. Vers ou? Certainement pas vers la prospérité et la paix dans ce pays.

Si un chef d'état, vous avait dit de crever votre œil, auriez-vous obéi?, s'il vous avait dit d'accepter une baisse de votre salaire, auriez vous accepté?, s'il vous avait dit de couper la main de votre enfants, vous seriez-vous exécuté?

Non mais quand il vous dit de prendre une vie humaine, sans raison aucune, voilà que vous vous empressez de détruire tout sur votre passage. Surtout quand l'assassinat de cette âme, vous apporte quelques objets volés de la manière la plus abjecte possible.

Pensez-vous tromper Dieu avec ce cinéma d'aussi mauvaise qualité?

Vous n'êtes humains que si votre intérêt, votre amours propres ou les vôtres sont menacés?

Mais quand il s'agit de détruire, ce que vous ne pourrez jamais réparer, tels des essaims, vous vous liguez pour l'accomplissement d'atrocités, que ni le ciel, ni la terre, ni les montagnes ne peuvent supporter?

Il y-a une et une seule morale humaine. Vous pouvez ne pas vous y adapter, mais jamais vous ne l'adopterez à vos maladies immorales.

Comment l'ordre d'un homme ou même de plusieurs hommes, peut-il vous faire transgresser les ordres de Votre Créateur?

Vous foncez tout droit vers la perte éternelle. Le savez-vous?

L'hypocrisie populaire et le mépris de l'autre, qui nous caractérisent parmi les autres peuples, a "pharaoniser" Maaouya, elle le fera avec plusieurs autres après lui et nous donnera toujours, ce faux alibi de dire que "C'est lui et pas nous."

1966, j'avais neuf ans. C'était la première guerre de la honte chez nous. Par les interstices de la fenêtre, je suivais les massacres entre frères qui ont mangé de la même terre. Un homme parent et ami de mon père, C…ould…G, a vu un adolescent, fils de notre voisine D…K, puulaar de son état. il se précipita à son secours. A un contre une multitude, il réussit à le sauver, mais y perdit son doigt. Quarante années plus tard, sa fille fut jetée en prison pour esclavage.

Esclavage! Mais quel esclavage?

Un leg d'une société archaïque, à la formulation des règles de laquelle, nous n'avons pas été conviés. Nous n'existions même pas en ces temps.

C'est une aberration! La mère de toutes les injustices. Personne ne peut le nier. Il faut réparer, mais donnons-nous le temps de recoudre ce qui a été déchiré pendant des décennies.

La précipitation est de Satan.

Allah a dit: "Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu'elle a acquis, et a vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu'ils faisaient." Coran 2-134.

Ceux qui s'attachent a ces pratiques de perdition, sont les pires ennemis de la société. Ils constituent les vestiges d'une ignorance anti-islamique et anti-nation. Ils doivent payer et payer lourd. Allah n'aime pas la turpitude.

Ils suivent des règles qui ne respectent aucune règle. De là ils ne méritent eux-mêmes aucun respect.

Si le gouvernement en est incapable, c'est a la société de les rejeter de les vilipender et de les isoler de tout commerce.

Personne, absolument personne n'a le droit de se jouer de tout un peuple, y compris les fœtus encore blottis dans les matrices maternelles et les bourgeons de générations encore conjuguées au futur proche et lointain.

Nous avons appris avec amertume, que beaucoup d'entre ceux qui se bousculent pour nous représenter, parler en notre nom, mangent a notre place et décident de nos vies et de notre mort, ne pensent en fait qu'aux nominations présentes, aux villas de luxe, aux voitures rutilantes, aux mariages a la chaines et a l'argent. L'argent cette matière maudite, qui nous a fait oublier que si ce monde valait l'aile d'un moucheron dans les balances du Seigneur, il n'en aurait pas abreuvé un mécréant.

Nous avons appris avec tristesse que nos différentes ethnies se sourient en façade et se détestent dans les profondeurs des âmes.

Ce sont ceux desquels Allah a dit : "Ceux qui violent leur pacte avec Dieu après l'avoir engagé et rompent ce qu'Allah  a ordonné d'unir et commettent le désordre sur terre auront la malédiction et la mauvaise demeure." Le tonnerre-25.

Nous avons appris que nos intellectuels parlent beaucoup et ne font jamais rien. Jamais l'un d'eux n'a mis la main dans la boue dans laquelle sont plongés ceux qui meurent pour le nourrir et au nom desquels, il remplit les espaces de vociférations et de mensonges. Ces mains lisses et peau luisante sont des usurpateurs. Des acteurs rusés qui se remplissent les ventres d'illicite. "Toute chair qui a poussé de Haram est destinée à l'Enfer", a dit l'envoyé (psl).

Qu'est ce que nous n'avons pas appris et qui nous a déçus? Notre espoir était le futur, et le futur nous a faussé rendez-vous. Malheureusement.

Pourquoi, une italienne, Ivana Diara, se soucie t-elle de nos fils plus qu'une Khadijetou, une Zeinebou ou une Mariem de chez nous? Tout simplement parce que nous n'avons aucune conscience des soupes que nous nous sommes en train de préparer et dont nous ne sommes en réalité que les ingrédients.

Nous avons, l'arrogante équation de tabou et de l'ignorance jouant, laissé aux autres le soin de décider de nos sorts, de modeler notre histoire et de laisser la documentation galopante de nos sottes différences et de nos querelles idiotes, a la plume extérieure et a la convenance de qui le veut.

Combien de fois nous avons "dialogué", nous nous sommes "concerté", "menacés", "suggéré la guerre civile". ?

Ou allons-nous? Sinon vers la catastrophe.

Quelle sale et mauvaise décision de n'avoir comme but que d'effacer l'autre.

Est-il vraiment indispensable de ternir l'autre pour briller soi-même?

N'avons-nous d'autres champs à cultiver que ceux de la douleur de la désolation et des rancunes maladives?

Quel mauvais investissement!!! Et quelle mauvaise foi!!!

Nous n'avons jamais cherché les solutions. Nos chauves souris ont peur de la lumière et travailleront d'arrache pieds pour nous maintenir dans l'obscurité pour mieux nous assaisonner à la sauce de leur choix.

Les vraies solutions ne viendront que du peuple. Un peuple qui a foi en Dieu et qui sait que s'amputer de la moitié de ses citoyens, ou les confiner dans les ténèbres de l'ignorance ne peut apporter que malheur à un temps où la planète entière est plongée dans une obscurité sans nom.

Une phrase doit être affichée à la porte de chacune de nos villes "Ressaisissons-nous avant qu'il ne soit trop tard."

Nous sommes du même sang, de la même origine. Nous mangeons les fruits de la même terre et nous sommes condamnés à y vivre ensemble le meilleur et le pire. Parmi les blancs il y-a des esclaves et parmi les esclaves il existe des seigneurs. L'homme est grand par son action et non par ses origines. C'est la Vérité que Dieu nous enseigne.

Tout simplement apprenons à nous dire pardon, à pardonner et à apprendre à nos enfants qu'aucun frère n'est indispensable. Le pardon est la noblesse des grands. La force du pays diminue d'un cran à chaque fois que l'un de ses fils est atrophié. C'est ainsi et seulement ainsi que ce pays vivra.

Qu'Allah vous protège tous et bonne fête.

Mohamed Hanefi

Koweït

 

(Reçu à Kassataya le 21 septembre 2015)

 

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