Les prévenus sont Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA, anti-esclavagiste), son adjoint Brahim Ould Bilal, ainsi que Djiby Sow, président d'une ONG qui lutte pour les droits culturels.
MM. Ould Dah Ould Abeid et Ould Bilal sont actuellement incarcérés à Aleg (centre), ville dans laquelle ils ont été transférés peu après leur condamnation le 15 janvier à Rosso (sud) par le tribunal correctionnel.
M. Sow, jugé, condamné à Rosso et conduit à Aleg en même temps qu'eux, avait ensuite été transféré à la prison de Nouakchott, la capitale, pour des soins intensifs. Il a bénéficié en juin d'une mesure de liberté provisoire pour raison de santé, selon sa famille.
La Cour d'appel d'Aleg "a distribué aux détenus et à leurs avocats les convocations pour comparaître le 20 août", a affirmé à l'AFP la source judiciaire ayant requis l'anonymat, sans plus de détails.
En attendant leur procès en appel, les condamnés ont régulièrement réclamé leur transfert à Nouakchott ou à Rosso, où tous ont été arrêtés en novembre 2014.
Ils estiment que leur dossier relève de la Cour d'appel de Nouakchott et non de celle d'Aleg, selon la défense, qualifiant "d'entorse" au droit leur transfèrement dans cette localité à environ 250 km de la capitale.
Dans un communiqué diffusé le 14 avril, l'IRA a prévenu qu'ils ne comparaîtront pas à Aleg.
Elle a annoncé "le refus" des trois prisonniers "d'assister à toute audience organisée à Aleg ou dans un tout autre endroit ne relevant pas de la Cour d'appel de Nouakchott, seul lieu de compétence à ce stade de la procédure".
Biram Ould Dah Ould Abeid fut candidat au scrutin présidentiel de juin 2014 face à Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a été réélu.
Les deux autres responsables anti-esclavagistes et lui ont été condamnés pour "appartenance à une organisation non autorisée, manifestations et incitation à la révolte".
L'IRA a organisé des manifestations, souvent dispersées par les forces de l'ordre, pour dénoncer leur "condamnation injuste".
Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d'esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. Le phénomène perdure néanmoins, selon des ONG.
Source : AFP via Africatime
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