Mauritanie : libération de militants anti-esclavagistes interpellés à Nouakchott

Des militants de l'ONG mauritanienne anti-esclavagiste IRA interpellés jeudi à Nouakchott après une manifestation en faveur de deux de leurs responsables emprisonnés ont été libérés après quelques heures de détention, a annoncé vendredi leur ONG.

L’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) avait annoncé jeudi soir que 23 de ses membres avaient été arrêtés à Nouakchott et six blessés lors d'une manifestation qui a été dispersée, selon elle, à l'aide de grenades lacrymogènes.

"Nous venons d'apprendre que tous les détenus ont été finalement libérés tard dans la nuit" de jeudi à vendredi, a indiqué l'IRA dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP, sans préciser de nombre.

L'ONG réaffirme son "engagement à poursuivre sa lutte pacifique jusqu'à la libération de ses leaders", selon ce texte.

"Plus d'une centaine" de personnes avaient, selon l'IRA, pris part à cette manifestation pour réclamer la libération du chef de cette ONG, Biram Ould Dah Ould Abeid, et d'un de ses collaborateurs.

Biram Ould Dah Ould Abeid fut candidat à la présidentielle de juin 2014 face au président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a été réélu.

M. Ould Abeid et deux autres responsables anti-esclavagistes ont été condamnés le 15 janvier à deux ans de prison ferme et emprisonnés ensuite à Aleg (centre-ouest) pour "appartenance à une organisation non autorisée, manifestations et incitation à la révolte".

L'un des trois condamnés, Djiby Sow, président de Kawtal Ngam Yellitaare, une association qui lutte pour les droits civiques et culturels, a récemment été remis en liberté provisoire pour raisons de santé après avoir été transféré à Nouakchott.

Les deux autres détenus, qui attendent leur jugement en appel, refusent de comparaître à Aleg et réclament leur transfert dans la capitale ou à Rosso (sud), ville où les trois personnes avaient été arrêtées en novembre 2014.

L'IRA a depuis l'arrestation de ces responsables anti-esclavagistes organisé des manifestations, souvent dispersées par les forces de l'ordre, pour dénoncer leur "condamnation injuste".

Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d'esclavagisme y encourent des peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. Le phénomène perdure néanmoins, selon des ONG.

 

Source : AFP via Africatime

 

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