Carnets de voyage d’un Mauritanien en Turquie 5: vue du Bosphore

Hier, nous avons embarqué à bord d'un bateau pour faire le tour du Bosphore, avec un guide touristique qui présente les différents édifices qui longent le parcours. C'est un parcours de 2H30 qui offre une vision distanciée de la ville coupée en deux zones distinctes: la partie européenne et la partie asiatique, reliées par des ponts très imposants à la fois dans leur structure métalliques et par leur hauteur.

Dans le bateau, nous avons fait la connaissance d'un couple d'Algériens. Le mari est un ancien de la marine marchande, qui a navigué il y a longtemps dans cette partie du Monde. Il nous expliquait que tout navire qui naviguait dans le Bosphore était systématiquement pris en charge par les autorités maritimes turques qui se chargeaient de l'acheminement hors zone turque. Cela permet en effet de s'assurer de la sécurité totale du trafic maritime, en identifiant ainsi tout équipage et toute marchandise transportée.
L'anecdote: avec les Algériens, nous parlions français, au grand étonnement de beaucoup de passagers, Turcs notamment.
Ils étaient surpris de voir, ou plutôt d'entendre, des Noirs et des Arabes parler la même langue. Eh, oui! les voyages, ça sert aussi à se rendre compte de ce type de rapport à l'autre. L'accès à un peu d'histoire du Monde aurait simplement permis à ces personnes de comprendre qu'avec les Algériens notre partage du français, langue à nous tous étrangère, était juste le fait d'un héritage d'une histoire partiellement commune. Intéressant! A chaque fois que nous croisions un navire, notre ancien marin nous donnait des explications sur les différentes caractéristiques techniques de ces monstres des mers. Je reconnaissais juste quelques bateaux de plaisance plus couramment vus dans des ports français ou sur le Lac Léman, en Suisse.

Le flot de touristes "déversés" par cars entiers est impressionnant. On en rencontre partout, tout le temps. La Place Taksim est prise d'assaut, tout comme partout ailleurs dans cette ville. Les queues devant les édifices peuvent durer 2 heures, sous la chaleur. C'est dire qu'il faut sacrément être motivé pour y accéder.

Sinon, tout est attrayant. Les senteurs diffuses des épices, mêlées au bruit des voitures et des marchands de toutes choses, rappellent cette atmosphère typique des grandes métropoles orientales. J'apprécie les friandises, sans en abuser. Diabétiques ou sujets à risque, s'abstenir. Il est vrai que la façon dont sont exposées toutes ces sucreries ne peut que donner envie, surtout lorsque des femmes à l'entrée de certaines grandes enseignes, assises à même le sol, pardon, à même de somptueux tapis locaux, fabriquent en direct des crêpes sur d'énormes plaques de cuisson. Ici, on peut suivre tout le  process de fabrication des pâtisseries locales. J'ai découvert un procédé de fabrication du pain traditionnel. Il est fait sur une sorte de grande jarre en briques de pierres rouges. Cette jarre profonde d'environ 1,5m, est chauffée par le fond par du bois de chauffe, comme celui que l'on utilise pour chauffer les hammams. La chaleur ainsi produite remonte jusqu'aux rebords où le boulanger pose tout simplement de fines galettes qui deviennent du "pain-crêpe" au bout de 2 à trois minutes.

Vous pouvez aussi vous faire prendre en photos avec des personnages aux habits traditionnels (hommes, femmes enfants, filles et garçons). Ces personnages vous prêtent l'accoutrement typique pour la photo. Je me suis épargné ce genre d'artifice, même si j'ai pu m'amuser de voir des Chinois, Japonais, etc, s'habiller ainsi.

Les cimetières sont bien intégrés dans la ville. Ne soyez donc pas choqués de voir un commerce quasiment au pied de tombes anciennes, séparés juste d'une grille. En fait, ces cimetières sont pour la plupart adossés à des mosquées qui elles-mêmes sont des lieux de sépultures de souverains et de leurs proches. C'est le mot" Camii" (prononcer "jami") qui désigne "mosquée".
 

Mon séjour arrive à sa fin. Ainsi, demain, inchallah, je rentre à la maison, comme on dit, plein de bonheur d'avoir pu découvrir un pays et rencontré des hommes et des femmes différents, qui semblent s'intéresser à quelque qui les dépasse tous. Quoi?
 

Ibnou DIOP pour KASSATAYA

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