Initiative de Messaoud : La CAP pourrait changer de cap

(Archives. Crédit photo : anonyme)

On pourrait connaitre, au cours de cette semaine, les réactions que les partis politiques mauritaniens, toutes tendances confondues, ont faite à l’initiative lancée il y a quelques mois par le président de l’Assemblée nationale – et de l’Alliance populaire progressiste (APP) – Messaoud Ould Boulkheir pour sortir le pays de la crise dans laquelle il se débat depuis la dernière élection présidentielle de juillet 2009.

Et qui est vue, par certains, comme le prolongement naturel de celle d’août 2008 ayant emporté le pouvoir du président démocratiquement élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, au bout de six mois de bras de fer avec les généraux Aziz et Ghazouani, considérés comme ses principaux mentors lors de la Présidentielle de mars 2007.

C’est dire que la scène politique mauritanienne s’apprête à vivre un nouveau rebondissement. D’aucuns s’attendent à ce que les informations que le président de l’Assemblée s’apprête à dévoiler ne soient pas favorables à une initiative qui, de par ce que l’on sait déjà, n’a pas été accueillie avec enthousiasme par une classe politique où chaque parti(e) court derrière des objectifs précis et se soucie très peu de l’intérêt général.

La nouvelle configuration qui pourrait naitre du mécontentement de Messaoud Ould Boulkheir et de ses amis de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) pour favoriser un rapprochement donné pour fort probable entre ce pôle politique (appelé opposition modérée) et un autre groupe  » dissident «  de la Majorité qui, lui aussi, à eu à lancer une initiative qui va dans le sens de celle du président de l’Assemblée nationale. Il s’agit, en l’occurrence, de la Rencontre Nationale comprenant les partis Adil, MPR, RD ainsi que l’initiative Appel pour la Nation, et que d’aucuns qualifient, en se basant sur ses prises de position critique envers la gestion des affaires par le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf,  » d’opposition au sein de la majorité « .

D’ailleurs, une source au sein de cette coalition comprenant l’ancien Premier ministre Yahya Ould Waghef, les députés Kane Hamidou Baba et Moustapha Ould Abeiderrahmane, n’écarte pas la possibilité d’une jonction entre la CAP et la RN, avec la possibilité d’être rejoint même par des partis de la COD (Coordination de l’opposition démocratique), ce qui donnera, selon cette source,  » la plus grande force politique du pays « .

Et cette source, citée par un site de la place, d’indiquer que la naissance de cette nouvelle coalition n’a été retardée que parce qu’on voulait donner le temps au président de l’Assemblée Nationale de voir les réactions à son initiative et de pouvoir percevoir, à travers elles, ce que sera la nouvelle configuration de la scène politique nationale.

La CAP pourrait revoir ses positions

C’est donc bien d’un nouveau départ qu’il pourrait s’agir. Membre de la CAP, l’APP peut bénéficier d’un élan de solidarité au sein de celle-ci pour reconsidérer ses positions vis-à-vis d’un pouvoir qui ne laisse pas apparemment d’initiative à ses partenaires. Après le dialogue, que Ould Abdel Aziz avait proposé et que Messaoud, Boidiel et Ould Horma ont accepté, il est logique – aussi – que le pouvoir concède à ses partenaires une prise de responsabilité particulière dans la recherche d’une solution de sortie de crise.

Conscient que la violence ne conduit à rien sinon au chaos vécu par des peuples arabes en Libye, Yémen et Syrie, Messaoud Ould Boulkheir a voulu rééditer une sorte d’Accord de Dakar mais uniquement avec une facilitation nationale. Il a donné l’impression, pendant de longs mois, il n’a jamais donné l’impression d’être découragé par le peu d’empressement que certains segments de la classe politique mettaient à répondre favorablement à son initiative. Au niveau de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), par exemple, chaque parti trouvait une échappatoire dans cette réponse polie :  » notre position sera celle de la COD ! Les formations de la Majorité, elles, attendaient un signal fort du président Mohamed Ould Abdel Aziz pour dire  » oui  » ou  » non « , en fonction de la nécessité du moment. Et c’est quand ce dernier avait tranché dans le vif cette question d’acceptation – ou de refus – de l’initiative du président de l’Assemblée nationale que les choses se sont précipitées.

Toujours est-il que Messaoud Ould Boulkheir peut compter sur trois éléments, non négligeable, allant dans le sens de l’acceptation, à court ou moyen termes, de son initiative.

Il y a d’abord que les mauritaniens, majorité et opposition confondues, n’ont aucune volonté de suivre la voie du  » printemps arabe  » que suggère une partie de la COD. Les désagréments que les  » révolutions  » ont causé en Egypte, Libye, Syrie et Yémen font que les citoyens lambdas ne veulent pas servir de  » munitions  » à une guerre pour le pouvoir entre hommes politiques rompus aux manœuvres de toutes sortes.

Il y a aussi que l’Association des Maires de Mauritanie (AMM) à laquelle le président de l’Assemblée nationale a exposé récemment son initiative, a approuvé sans réserve une telle démarche, ce qui est une attitude de bonne politique s’inscrivant dans le sens de l’intérêt général des populations très peu enclines à régler leurs différends dans la rue.

Il y a enfin, qu’au sein même de la Majorité présidentielle, trois partis (Adil, MPR, RD), qui avaient lancé une initiative similaire, semblent se ranger sous la bannière du président de l’Assemblée nationale pour éviter à la Mauritanie les soubresauts d’une crise politique qui n’a que trop durer.ll suffit donc tout simplement que la COD cesse de faire de la  » résistance « , pour comprendre que dans son essence, l’initiative essaie de servir de  » négociations de rattrapage « , et que la Majorité comprenne que des élections sans  » l’autre opposition  » manque de quelque chose pour que l’initiative de Messaoud Ould Boulkheir d’être adoptée – et même adaptée, s’il le faut – pour permettre à la Mauritanie d’éviter le pire.

Sneiba Mohamed

Source  :  L’Authentique le 27/09/2012

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