Lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage : Double lecture d’une visite onusienne

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La Rapporteuse spéciale des Nations Unies chargée de la lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage, Mme Gulnara Chahinyane, était à Nouakchott en début de semaine. Deux thèses s’affrontent pour expliquer l’objet de la visite, celle du gouvernement mauritanien et celle du mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste).

La visite que vient d’effectuer en Mauritanie, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies chargée des formes contemporaines de l’esclavage, Mme Gulnara Chahinyane a été différemment appréciée par les acteurs nationaux. Sur le plan officiel, cette visite entrerait dans le cadre d’une évaluation sur les efforts déployés par l’Etat mauritanien, avec l’appui du système des Nations Unies, pour mettre fin à toute forme d’exploitation ou de domination à caractère racial, ethnique ou sociétal. Sur le plan officieux, le mouvement IRA voit dans cette visite le fruit de son combat qui a mis à nu l’indolence des autorités mauritaniennes face à la persistance de l’esclavage.

Valider les recommandations de 2009

Officiellement, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies chargée de la lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage, Mme Gulnara Chahinyane était en visite à Nouakchott sur invitation du gouvernement mauritanien, pour superviser l’ouverture d’un atelier de validation des recommandations qu’elle avait elle-même formulée en 2009.

Ces recommandations invitaient le gouvernement mauritanien à mettre tout en œuvre sur le plan économique, social et humain pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles. Cette rencontre, conjointement organisée par le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile et le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’Homme en Mauritanie, avait drainé plusieurs organisations intéressées par la question.

L’occasion pour le Commissaire Sidi Mohamed Ould Khattra de souligner que la Mauritanie a été toujours pionnière dans l’application des recommandations formulées dans le domaine de la lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage, citant les cas portés au devant de l’administration judiciaire, la promulgation d’une loi spéciale pour la protection du travail domestique, le programme de lutte contre les séquelles de l’esclavage et les nombreux programmes de formation professionnelles destinées aux franges démunies.

Ould Khattra a indiqué que la société mauritanienne a toujours été réfractaire à la subsistance des pratiques esclavagistes, ce qui explique dira-t-il en substance, la mention de son interdit dans tous les textes constitutionnels que le pays a adoptés au cours de son histoire politique. Il a évoqué également l’adoption en 2003 d’une loi condamnant toute forme d’exploitation et de commerce de personnes, le Code pénal pour mineur… De son côté, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies a salué les efforts déployés par la Mauritanie dans sa lutte contre le fléau de l’esclavage.

Se faire tirer les oreilles

De Dakar où il se trouve depuis quelques jours, Birame Ould Dah Ould Abeid, président du mouvement IRA, a déclaré que cette visite que vient d’effectuer en Mauritanie, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies chargées de la lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage, est le fruit du travail minutieux mené par son organisation depuis ces derniers temps.

En réalité, a-t-il affirmé, l’arrivée de la Rapporteuse spéciale de l’ONU à Nouakchott prouve que le travail que mène IRA en Mauritanie a réellement permis aux organisations internationales des droits de l’Homme de « découvrir toute la mauvaise foi des autorités mauritaniennes à lutter sérieusement contre le fléau de l’esclavage ».

La visite de Mme Gulnara Chahinyane a été selon Birame Ould Dah, l’occasion pour elle de rappeler la Mauritanie à ses obligations internationales en matière de respect des droits de l’Homme. Pour le président du mouvement IRA « cette visite est un désaveu pour la Mauritanie  » et qu’elle aboutira « à propulser le point de vue de IRA sur la table des négociations entre le système des Nations Unies et le gouvernement mauritanien ».

Birame Ould Dah Ould Abeid a indiqué par ailleurs qu’il a été la première personnalité mauritanienne à avoir été reçu par la Représentante, bien avant les officiels. « Arrivée dimanche 29 janvier dernier à 15 heures, elle nous a réunie, mon staff et moi, le même jour à 18 heures dans les locaux du PNUD  » a-t-il affirmé.

Selon Birame Ould Dah, la Rapporteuse des Nations Unies a demandé aux autorités mauritaniennes d’accélérer le processus de reconnaissance du mouvement IRA, d’impliquer cette organisation dans le Projet « Gestion des conflits  » pour lequel les partenaires ont accordé d’importantes subventions. Parmi les recommandations clés formulées à l’intention des autorités mauritaniennes, l’application de la Loi de 2007 incriminant les pratiques esclavagistes en Mauritanie

JOB

Source  :  L’Authentique le 04/02/2012

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